Marche des femmes contre Donald Trump dans les rues d'Ottawa, samedi.

«Une réponse aux messages de Trump»

Une marée humaine a défilé dans les rues du centre-ville d'Ottawa, samedi, pour défendre et soutenir les droits des femmes en tant que partie intégrante du respect des droits de la personne, et pour dénoncer « les messages et actions discriminatoires qui ont émergé de la campagne de Donald Trump ».
Plus de 5000 personnes ont pris part à la Marche des femmes dans la capitale canadienne, en solidarité envers ceux et celles qui ont participé à des rassemblements semblables ailleurs au Canada, à Washington et dans le monde, samedi. Il y aurait eu quelque 650 marches dans une cinquantaine de pays.
Les participants se sont donné rendez-vous au Monument des droits de la personne sur la rue Elgin, point de départ de la marche. Ils ont emprunté la rue Laurier jusqu'au point d'arrivée au Centre Bronson, sur la rue du même nom, où des discours ont été prononcés et des artistes ont offert des prestations.
La marche avait lieu au lendemain de l'assermentation de Donald Trump comme 45e président des États-Unis. 
L'événement, ont indiqué les organisatrices, « est une réponse aux attitudes, messages et actions discriminatoires, incitant à la haine, qui ont émergé de la campagne de Trump, et qui sont perpétués par ses partisans ». 
Durant la marche, la foule a notamment scandé : « Love Trumps Hate » (l'amour est plus fort que la haine). 
Les organisatrices ont aussi indiqué que cette marche se veut « un message clair à tous les citoyens, les politiciens et ceux qui veulent accéder au pouvoir que les droits des femmes sont les droits de la personne, et qu'elles ne toléreront pas au Canada les politiques discriminatoires et de division ».
Carine Guidicelli, directrice générale de Carrefour international, a qualifié les marches comme étant « un grand mouvement de solidarité pour faire face à, peut-être, des temps sombres ».
« Nous envoyons un message très, très fort que nous sommes mobilisées et qu'on ne laissera pas passer des choses qui pourraient nuire à la société en général, aux droits des femmes, en particulier, et à l'égalité et à l'équité », a indiqué Mme Guidicelli.
Droits au Canada
« Même au Canada, les droits des femmes sont bafoués. Les droits de femmes autochtones, en particulier. Il y a eu de la violence dans plusieurs universités. Il y a un discours de misogynie qui refait surface, et qui est extrêmement pernicieux et dangereux. Tout cela est amplifié par Trump », a ajouté Mme Guidicelli.
Kathryn Howe, d'Ottawa, portait une pancarte sur laquelle se lisait : « I am here because it matters » (je suis ici parce que c'est important).
« Ce qui importe, c'est de la manière dont on se respecte entre nous, dont on respecte l'humanité, dont on aborde les choses. Je suis, bien sûr, pour la paix et l'harmonie dans le monde, et pour prendre soin des personnes les plus vulnérables. Ma préoccupation actuelle est la direction que donne le nouveau président », a expliqué Mme Howe, qui souhaite voir Donald Trump travailler dans un esprit d'inclusion et de respect pour tous.
Parmi cette mer de femmes, il se trouvait aussi des hommes, dont Bill, un Américain établi au Canada depuis les années 1980 avec sa femme, Lynn. 
« M. Trump s'est attaqué à plusieurs groupes, plusieurs personnes. Je suis ici pour dire que je n'endosse pas ça », a résumé l'homme, qui a préféré ne pas dévoiler son nom de famille.