Deux ans après la découverte d’un cas de la maladie débilitante chronique (MDC) du cervidé dans une ferme d’élevage de cerfs rouges, à Grenville-sur-la-Rouge, dans les Laurentides, le ministère des Forêts de la Faune et des Parcs (MFFP) poursuit ses efforts afin d’éviter la propagation en forêt sauvage de cette maladie infectieuse.
Deux ans après la découverte d’un cas de la maladie débilitante chronique (MDC) du cervidé dans une ferme d’élevage de cerfs rouges, à Grenville-sur-la-Rouge, dans les Laurentides, le ministère des Forêts de la Faune et des Parcs (MFFP) poursuit ses efforts afin d’éviter la propagation en forêt sauvage de cette maladie infectieuse.

Une période de chasse encore bien encadrée dans certains secteurs de l’Outaouais et des Laurentides

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
Deux ans après la découverte d’un cas de la maladie débilitante chronique (MDC) du cervidé dans une ferme d’élevage de cerfs rouges, à Grenville-sur-la-Rouge, dans les Laurentides, le ministère des Forêts de la Faune et des Parcs (MFFP) poursuit ses efforts afin d’éviter la propagation en forêt sauvage de cette maladie infectieuse.

Comme c’était le cas à l’automne 2019, les personnes qui pratiquent la chasse à l’orignal et aux cerfs de Virginie dans certains secteurs des zones 10 est et 9 ouest, en Outaouais et dans les Laurentides, devront cette saison se plier à des exigences relatives au dépistage de la MDC, a annoncé le MFFP, lundi, par voie de communiqué.

La «zone de surveillance rehaussée» mise en place l’année dernière par le ministère s’appliquera encore aux municipalités de Grenville, Notre-Dame-de-Bonsecours, Notre-Dame-de-la-Paix, Fassett, Namur, Saint-Émile-de-Suffolk, Amherst, Huberdeau, Arundel, Barkmere, Montcalm, Lac-des-Seize-Îles, Wentworth-Nord, Brownsburg-Chatham, Grenville-sur-la-Rouge, Harrington et Boileau.

Toutefois, si la chasse était beaucoup plus permissive en 2019, à l’intérieur de ce périmètre, la situation sera différente cette année, confirme le biologiste du MFFP pour les régions des Laurentides et de Lanaudière, Yannick Bilodeau.

«On revient aux modalités de chasse normale pour la zone concernée, comparativement à l’année passée où c’était très permissif et où les gens pouvaient chasser sur une période très longue et abattre l’animal qu’ils désiraient, soit le mâle, la femelle ou le faon. L’objectif l’an dernier était de diminuer la densité de population à un cerf au kilomètre carré dans la zone de surveillance rehaussée», explique M. Bilodeau.

Puisque l’hiver 2019-2020 a été moins rude sur les populations de chevreuils, dans le secteur de la zone de surveillance rehaussée, le ministère a malgré tout délivré 600 permis de cerfs sans bois pour la saison de chasse 2020.

«On met une pression supplémentaire sur le cheptel avec une récolte via les permis de cerfs sans bois seulement dans les 17 municipalités visées par la zone de surveillance rehaussée. [...] Il n’y a pas eu beaucoup de mortalité cette année durant l’hiver et on tient toujours en compte la mortalité hivernale dans nos calculs. Si on veut éviter que les populations montent beaucoup, c’est l’outil le plus simple à utiliser. [...] On doit avoir une densité d’un cerf et moins par kilomètre carré si on veut on contenir la maladie dans ce secteur-là, si jamais elle est présente», mentionne le biologiste.

Des exigences à respecter pour les chasseurs

Essentiellement, les chasseurs qui pratiquent le sport dans le secteur concerné par la «zone de surveillance rehaussée» devront respecter les mêmes exigences que l’an dernier.

«Un chasseur qui abat un cerf de Virginie ou un orignal âgé de plus de 12 mois dans un rayon de 45 km de l’élevage où la MDC a été détectée en 2018 a l’obligation de le faire analyser pour la MDC selon une des trois méthodes suivantes», souligne le ministère, par voie de communiqué, précisant que le chasseur qui abattra un gibier dans les semaines à venir pourra se présenter «dans l’une des stations d’enregistrement où se font les prélèvements» où «un employé du ministère prélèvera les échantillons nécessaires, à la base de la tête du cerf».

Un chasseur peut aussi faire débiter son gibier dans une boucherie participante ou déposer «la tête de son gibier dans un des points de chute prévus à cet effet».

«Certaines parties (dont la tête et la colonne vertébrale) de cerfs de Virginie, d’orignaux ou de cervidés d’élevage abattus dans une ferme cynégétique à moins de 45 km de l’élevage touché en 2018 ne doivent pas quitter le territoire délimité par ce rayon. Ces parties doivent également demeurer dans la zone de chasse dans laquelle l’animal a été abattu», note le ministère, précisant au passage que le débitage doit être effectué à l’intérieur du rayon de 45 km et de la zone de chasse où l’animal a été tué.

Aucun cas répertorié en forêt

La «zone de surveillance rehaussée», qui touche 17 municipalités, sera en vigueur jusqu’en 2023. En 2019, des prélèvements ont été effectués sur 1368 cerfs et 17 orignaux tués lors d’activités de chasse sportive dans le périmètre situé à proximité de la ferme d’élevage où 11 cerfs avaient finalement été diagnostiqués avec l’infection, il y a deux ans, après que le troupeau en entier de Grenville-sur-la-Rouge ait été abattu sous l’ordre des autorités gouvernementales.

Aucun cas de MDC n’a été détecté jusqu’à ce jour en forêt sauvage dans le secteur, rappelle M. Bilodeau, qui insiste sur l’importance de la collaboration des chasseurs afin d’éviter la propagation en nature de la MDC, cette maladie hautement contagieuse qui fait des ravages partout où elle se répand, aux États-Unis et ailleurs au Canada.

La MDC est une maladie évolutive mortelle du système nerveux chez le cervidé dont les symptômes s’apparentent à ceux de la vache folle.

«Il faut doubler le temps d’apparition des symptômes des prions. Dans le cas de la MDC, ça prend jusqu’à trois ans pour que l’animal ait des symptômes au maximum. C’est une maladie qui prend du temps à se développer. L’animal peut être malade pendant deux ou trois ans sans que ça paraisse. C’est pourquoi on doit étendre la zone de surveillance sur cinq ans. On compte énormément sur la collaboration des chasseurs pour obtenir le plus grand nombre d’échantillons possible», affirme M. Bilodeau.