Le producteur maraîcher Jean-Guy Tarte a retrouvé une enseigne, aux allures d’épouvantail, qu’il s’était fait voler il y a cinq ans, accompagnée d’un message à saveur humoristique.

Une pancarte volée restituée cinq ans plus tard

La semaine d’un producteur maraîcher de Bromont a débuté sur une drôle de note. L’enseigne aux allures d’épouvantail qu’il s’était fait subtiliser il y a cinq ans est reparue devant son kiosque lundi matin, accompagnée d’un surprenant message des voleurs.

« J’étais bien fier de voir ça ce matin. Ils ont fait ma journée », a laissé tomber Jean-Guy Tarte, dans un large sourire.

Car si sa surprise était grande de voir reparaître son enseigne en bois après autant d’années, elle l’était encore plus en lisant la teneur du message qui l’accompagnait.

Ceux qui ont volé l’enseigne il y a cinq ans y racontent de façon humoristique avoir embarqué « ce jeune homme faisant du pouce », sans réfléchir aux conséquences, au terme d’une « soirée bien arrosée ».

L’épouvantail a même été baptisé Carl par ses « ravisseurs » et est rapidement devenu « un frère » pour tous.

« L’écoute » et le « silence impeccable » de Carl ont été grandement appréciés. « Surtout, son incroyable sourire en a charmé plus d’une... », lit-on dans le message, écrit au dos d’une publicité du salon de billard Dooly’s à Bromont.

Mais, « bien qu’il soit dur à remplacer », les filous, « pris de remords », ont décidé de rapporter Carl à son propriétaire, sans même lui « demander de rançon », précisent-ils tout en lui recommandant d’en « prendre plus soin que la première fois ».

« Carl nous a toujours dit des éloges à votre sujet. J’espère qu’il en sera autant pour nous », écrivent aussi les auteurs au sens de l’humour aiguisé.

« Nos plus plates excuses. Nous sommes désolés pour le dérangement que cela a pu vous occasionner. Au revoir, Carl, merci pour ces belles années », concluent les auteurs du message qui signent « tes vieux amis : Méo, Glasses et Garda ».

Assez duré

« Le message est comique », s’amuse Jean-Guy Tarte qui a contacté La Voix de l’Est pour partager son aventure.

Ce dernier estime qu’après cinq ans, « la farce avait assez duré ». « Ça ne leur donnait rien de garder ça. Je veux dire merci aux gars de leur honnêteté et de me l’avoir rapporté. Même si ça a pris autant de temps. Je suis un gars honnête et ça m’a été remis », dit le producteur maraîcher dont le kiosque a pignon sur le chemin de Granby, à Bromont.

Lundi, la réapparition surprise de l’enseigne était d’ailleurs le sujet du jour à son kiosque.

Avant que l’épouvantail de bois ne disparaisse une nuit, M. Tarte avait pris l’habitude, durant de nombreuses années, de la disposer en bordure de la route pour indiquer l’ouverture de son commerce saisonnier. Mais il a fallu qu’il oublie une nuit de la ranger à l’intérieur de son kiosque pour qu’il ne la revoie plus. Jusqu’à lundi.

« Je me disais que c’était un tour fait par des jeunes et qu’ils allaient la rapporter un jour. Mais on ne l’avait plus jamais revue », dit-il.

La famille Tarte avait par ailleurs aussi affublé son épouvantail de bois, avec une corneille sur l’épaule, d’un surnom : M. Bienvenue, pour le bienvenue qui orne sa devanture.

« On a perdu M. Bienvenue, mais on a retrouvé Carl », rigole Jean-Guy Tarte.

Ce dernier affirme que Carl reprendra sa place à l’avant de son commerce. Mais cette fois-ci, il s’assurera de le fixer pour éviter que l’envie prenne à d’autres joyeux lurons de l’emmener faire un tour de voiture et de l’adopter durant quelques années.