Le 29 juillet, le camp de réfugiés Za'atari s'est ouvert en Jordanie, dans lequel 130 000 Syriens y sont attendus. L'Ottavienne Dominique Hyde (à droite) y accueille des réfugiés syriens victimes d'actes de violence qu'elle ne croyait pas possibles.
Le 29 juillet, le camp de réfugiés Za'atari s'est ouvert en Jordanie, dans lequel 130 000 Syriens y sont attendus. L'Ottavienne Dominique Hyde (à droite) y accueille des réfugiés syriens victimes d'actes de violence qu'elle ne croyait pas possibles.

Une Ottavienne au coeur des douleurs

Catherine Lamontagne
Catherine Lamontagne
Le Droit
Les violences qui frappent la Syrie depuis plusieurs mois n'épargnent pas les pays voisins où plusieurs Syriens trouvent refuge. C'est notamment le cas en Jordanie, où plusieurs camps de réfugiés ont été mis sur pied au cours des derniers jours sous la gouverne d'une Ottavienne qui a vu la situation se détériorer depuis trois semaines.
Dominique Hyde gravite dans le monde de l'aide humanitaire depuis près de 20 ans. Au cours des années, elle a été amenée à travailler lors de différents conflits en Haïti, en Irak, en Éthiopie et au Nigéria. Depuis deux ans, elle occupe le poste de représentante de l'UNICEF en Jordanie, où elle accueille des réfugiés syriens victimes d'actes de violence qu'elle ne croyait pas possibles.
«J'ai vu beaucoup de camps de réfugiés dans ma vie, mais pour une des premières fois, j'ai du mal à ne pas pleurer lorsque je rencontre les réfugiés», mentionne avec émotion Mme Hyde.
La semaine dernière, elle a accueilli dans l'un des camps administrés par l'UNICEF une femme et ses quatre enfants. Tous ont été défigurés lorsque leur maison a été bombardée, alors que leur mère donnait la vie à leur nouveau petit frère dans un petit village syrien. Lundi matin, une fillette de cinq ans munie d'un maigre sac à dos contenant tous ses biens a raconté à Mme Hyde le meurtre de son oncle. Meurtre dont elle a été témoin avant de rejoindre la frontière jordanienne.
«Des histoires comme celles-ci sont loin d'être des cas uniques ou isolés. La violence qui règne en Syrie à l'heure actuelle est terrible. Il s'agit d'une violence à laquelle aucun enfant ne devrait être confronté», indique Dominique Hyde, mère de deux enfants âgés de deux et dix ans qui habitent avec elle et son conjoint en Jordanie.
Cette dernière ne s'en cache pas, les besoins dans les camps de réfugiés jordaniens sont énormes. En moyenne, Mme Hyde et ses pairs accueillent 1500 ressortissants syriens par jour, dont 50 % sont des enfants. Ces derniers arrivent souvent sans leur père, parfois même sans leur mère, après une traversée difficile de plusieurs kilomètres au cours de laquelle ils ont souvent été témoins de nombreux actes de violence.
Plus de détails dans LeDroit du 1er août 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca