Une olive à noyau dissimulée sous des feuilles de laitue a causé une fracture à une molaire à un client du restaurant Mamma Teresa de Chelsea.

Une olive cachée coûte 6000 $

Une olive non dénoyautée dissimulée sous des feuilles de laitue a causé une fracture à une molaire à un client du restaurant Mamma Teresa de Chelsea, qui a été condamné à lui verser une indemnité de plus de 6000$.

Une salade italienne est en cause dans cette histoire qui remonte à février 2016, qui s’est conclue par une décision rendue l’été dernier par le juge de la Cour du Québec Gabriel de Pokomandy.

Attablé avec quelques personnes, un client mange sa salade lorsqu’« il croque soudainement sur quelque chose de dur et [qu’] une de ses dents casse avec fracas, lui causant une vive douleur ». Il s’agit d’une molaire, qui « s’est fendue en deux jusque dans la gencive », lit-on dans le jugement.

Un serveur et gérant qui se trouve à proximité entend le son de la dent qui se casse. Cet employé rapporte que « les olives qui sont à l’intérieur de la salade italienne sont généralement dénoyautées, mais [que] les cuisiniers décorent le plat de petites olives à noyau déposées sur le bord de l’assiette ».

Selon ce même employé, des plaintes ont déjà été formulées par des clients en raison d’olives à noyau décoratives ayant roulé sous les feuilles de laitue.

Le client se rend dès le lendemain chez un dentiste, « qui constate l’éclatement de la molaire et propose un plan de traitement qui nécessitera onze interventions ».

Le traitement lui coûtera 4841,70$. Le client, qui est avocat, estime aussi avoir perdu onze heures de travail.

Le président du restaurant Mamma Teresa de Chelsea a pour sa part plaidé que la salade italienne est servie dans l’établissement depuis 1970 et qu’elle a « toujours » contenu des olives avec noyau, sans que cela ne génère de problèmes.

« Il est d’avis que le demandeur aurait dû s’attendre à ce que dans une salade italienne il y ait des olives, lit-on dans le jugement. Or tout le monde devrait savoir que les olives ont des noyaux. »

Le contrat liant un restaurateur à ses clients l’oblige à « servir un plat dont la qualité a été contrôlée et qui ne nuit pas à la santé », écrit le juge de Pokomandy.

« Cela comprend l’obligation de servir des aliments sains qui sont exempts de tout objet, de denrée ou de substance pouvant causer des dommages », poursuit le magistrat.

La décision précise qu’il revient aux clients de prendre les précautions nécessaires lorsqu’ils commandent « un plat dans lequel se trouvent normalement des éléments solides, tels des os, des morceaux de cartilage ou des noyaux ».

« Par contre, si un accident survient dans une situation qui équivaut à un piège, le restaurateur peut être tenu responsable », ajoute le juge.

Le juge a statué qu’en commandant une salade italienne, le client « ne pouvait prévoir qu’il y aurait des objets ou aliments durs qui s’y trouveraient ». Le tribunal estime donc que « l’olive qui se trouvait enfouie sous la salade constituait un piège ».

Le client a ainsi obtenu le remboursement du coût du traitement chez le dentiste, de même qu’une indemnité de 1500$ pour les douleurs, le stress, les inconvénients et la perte de revenus, portant la facture à 6341,70$ pour le restaurant du chemin Old Chelsea.