Grâce à cette taxe spéciale de 5 $ par acre, qui peut être appliquée en vertu de la Loi provinciale 122 sur l’autonomie municipale, L’Ange-Gardien pourra engranger 75 000 $ en revenus supplémentaires cette année.

Une nouvelle taxe qui dérange à L’Ange-Gardien

Des propriétaires forestiers de L’Ange-Gardien partent en croisade contre la municipalité après que celle-ci ait décidé d’imposer une surtaxe sur les terrains vacants situés sur son territoire.

La mesure, qui a été inscrite au budget 2019 de la municipalité en décembre, prévoit une taxe de 5 $ par acre pour les lots vacants de 10 acres et plus, à l’exception des propriétés situées en zone agricole et en zone d’extraction. Au total, 126 propriétés sont visées par cette taxe, à L’Ange-Gardien, dont 62 se trouvent totalement ou partiellement en zone forestière.

Philippe Scantland, qui est copropriétaire du Domaine William Scantland avec neuf autres copropriétaires, fait partie du groupe de contribuables affectés par la nouvelle charge.

M. Scantland souligne que le compte de taxes associée à sa terre de 450 acres, qui sert à de la production forestière, est passé de 1500 $ à 4100 $ à cause de la nouvelle mesure d’imposition.

« Une augmentation normale de taxes de l’ordre du coût de la vie, à 2,5 %, c’est acceptable, mais d’augmenter un compte de taxes à 283 %, ça n’a aucun bon sens. On ne peut pas laisser cette hausse de taxes-là. On ne peut pas augmenter les taxes de 283 % juste parce qu’on a un manque à gagner à la municipalité », déplore-t-il.

M. Scantland et une quinzaine de propriétaires mécontents de la situation devaient assister à l’assemblée du conseil de L’Ange-Gardien, lundi soir, pour présenter leurs doléances aux élus.

Pas de marche arrière

Le maire de L’Ange-Gardien, Marc Louis-Seize, explique que ce nouveau levier de taxation a été instauré dans le but de mettre la main sur des revenus supplémentaires afin de réduire la charge fiscale des contribuables. L’Ange-Gardien a dû verser 150 000 $ de plus en quotes-parts à la MRC des Collines-de-l’Outaouais cette année, rappelle-t-il, et le conseil municipal a voulu maintenir une hausse de la taxe foncière de 2,5 % maximum.

M. Louis-Seize affirme que l’application de la mesure est équitable, alors qu’il n’y a eu que deux augmentations de la taxe sur les terrains vacants en 19 ans à L’Ange-Gardien.

« Je crois que ces propriétaires vont bénéficier de la vitalité de la municipalité et en même temps, ce n’est pas normal qu’une municipalité ait à absorber tous les frais qui peuvent être occasionnés à cause des dommages provoqués à nos chemins par les transports de bois. [...] Sur l’ensemble des propriétaires de lots vacants, une trentaine sont des résidents de L’Ange-Gardien. Les autres, ce sont des non-résidents, ce sont des compagnies à numéro qui ont des centaines et des centaines d’acres », a indiqué le maire Louis-Seize.

Grâce à cette taxe spéciale de 5 $ par acre, qui peut être appliquée en vertu de la Loi provinciale 122 sur l’autonomie municipale, L’Ange-Gardien pourra engranger 75 000 $ en revenus supplémentaires cette année.

Cette taxation spéciale génère 1,2 % de l’ensemble des revenus encaissés par la municipalité, alors que les lots vacants à grande superficie représentent 28 % du territoire de L’Ange-Gardien, fait valoir M. Louis-Seize.

Le conseil municipal ne reviendra pas en arrière, assure le premier magistrat. « On a fait le budget en conséquence de ça et il n’est pas question qu’on recule. On va réévaluer au prochain budget et on verra à ce moment », dit-il.