La chaire de recherche verra le jour grâce à un investissement de 1,4 million de dollars du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada.

Une nouvelle chaire nationale de recherche à l’ISFORT

Le professeur et directeur scientifique de l’Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT) de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Christian Messier, pilotera la toute nouvelle Chaire de recherche du Canada sur la résilience des forêts face aux changements globaux.

La chaire de recherche, qui sera basée dans les installations de l’ISFORT, à Ripon dans la Petite-Nation, verra le jour grâce à un investissement de 1,4 million de dollars du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada, a annoncé l’UQO par voie de communiqué, mardi. Cette enveloppe destinée à l’UQO figure parmi les 158,7 millions$ récemment octroyés par Ottawa à 186 titulaires de chaire au pays. La Fondation canadienne pour l’innovation offre par ailleurs une contribution financière de 97 370 $ à cette nouvelle chaire, somme qui servira notamment à l’acquisition d’équipement de laboratoire.

Christian Messier, directeur de l’ISFORT, dirigera une toute nouvelle chaire de recherche.

Joint par Le Droit, Christian Messier, un expert de la forêt tempérée et boréale et chercheur de niveau international, a mentionné que l’objectif du projet est d’embaucher trois étudiants au doctorat et trois étudiants ou chercheurs au postdoctorat afin de développer de nouveaux modèles d’aménagement forestier pour prémunir les écosystèmes contre les perturbations environnementales. Les travaux de ce nouveau laboratoire se feront en collaboration avec des scientifiques d’ailleurs au Canada, mais aussi de Belgique et d’Allemagne.

L’ISFORT deviendra par le fait même au fil des prochaines années «un incontournable Nord-Américain sur toutes les questions de résilience et d’adaptation des forêts aux changements globaux», selon le professeur Messier.

«L’idée, c’est d’incorporer des nouvelles notions qui touchent la diversité fonctionnelle et les réseaux complexes pour évaluer si nos forêts sont résilientes aux changements globaux, ce qui comprend les changements climatiques, la sécheresse et les maladies et insectes. On veut développer des outils qui permettront aux forestiers et aux aménagistes de déterminer ce qu’ils peuvent faire en forêt pour s’assurer que celle-ci va rester en santé, pas seulement à court terme, mais à long terme», explique M. Messier.

Les changements globaux ont des répercussions sur tous les plans, y compris sur le secteur forestier. À titre d’exemple, soutient, M. Messier, les modèles climatiques tendent à démontrer que les étés seront plus chauds et les hivers moins froids en Outaouais, si bien que les épisodes de sécheresse seront plus intenses dans le futur. «On aura probablement des étés très pluvieux suivis de une ou deux années très sèches et plusieurs de nos espèces d’arbres ne sont pas adaptées pour ça. Il faudra probablement modifier la composition de nos forêts pour qu’elles soient mieux adaptées aux nouvelles conditions», explique-t-il.

Au-delà des variations extrêmes du climat, l’arrivée en sol canadien d’insectes et parasites destructeurs d’arbres en provenance d’autres continents sera également en progression. Le professeur Messier estime que les approches de gestion de la forêt devront s’adapter à cette réalité.

«Si on prend l’agrile du frêne, qui vient de l’Asie, ça tue 100% de nos frênes. La maladie corticale du hêtre, c’est la même chose. Il y a de plus en plus de ces espèces qui risquent d’arriver ici et de menacer la santé et l’intégrité de nos forêts. On doit s’assurer que même si le pire se produit, on aura une forêt qui sera fonctionnelle», dit-il.

Christian Messier, qui est déjà titulaire de la Chaire CRSNG/Hydro-Québec sur le contrôle de la croissance des arbres, devient le cinquième professeur de l’UQO à hériter d’une prestigieuse chaire.