Océane était entourée de ses parents, Vicki et Ian, et de ses frères, Owen et Gavin.

Une maison adaptée pour Océane

Grâce à la générosité d’une trentaine d’entrepreneurs de l’Outaouais, la petite Océane McKenzie, qui souffre de paralysie cérébrale, peut enfin vivre dans le confort d’une maison adaptée à ses besoins, avec sa famille.

Premier bébé canadien à avoir survécu à une chirurgie in utero, en 2009, alors qu’elle souffrait de maladies de la valve aortique et de la valvulaire mitrale, Océane McKenzie soufflera ses 10 bougies en avril, mais c’est un véritable cadeau d’anniversaire qui vient de lui être offert en avance.

L’entreprise Construction LaVérendrye, qui a fait appel dans les derniers mois à 26 sous-traitants ayant accepté de contribuer en partie ou totalement de façon bénévole au projet de construire une maison adaptée pour les McKenzie, a remis les clés de la nouvelle demeure à ces derniers, mercredi après-midi.

La résidence toute neuve, située à L’Ange-Gardien, permettra de répondre aux besoins particuliers d’Océane. La fillette, qui se déplace en fauteuil roulant, est incapable de parler et de marcher et doit composer avec une main gauche qui ne fonctionne que partiellement.

« Mon corps a tout été engourdi quand j’ai vu la maison. [...] Elle est tellement belle et ça va tellement changer la vie de notre famille. Je n’ai pas de mots », s’est exclamée la maman d’Océane, Vicki McKenzie, lors de l’événement.

Surnommé le « bébé miracle », Océane, qui était aux prises avec d’importants problèmes cardiaques, est née prématurément en 2009 après avoir subi avec succès une chirurgie expérimentale alors qu’elle se trouvait encore dans le ventre de sa maman, une première au pays.

Après sa naissance, Océane a dû être opérée à trois autres reprises. Au cours de l’une des chirurgies, la petite fille a subi plusieurs accidents cardiovasculaires et une hémorragie. Depuis, elle est atteinte de paralysie cérébrale et ses poumons sont très fragiles.

Il y a deux ans, Vicki McKenzie a décidé de lancer un cri du cœur afin de trouver du financement pour acheter une maison destinée à faciliter la vie de toute la famille. À cause de la santé fragile de sa fille, la mère n’est pas en mesure de travailler à temps plein, ce qui occasionne des restrictions sur le plan financier.

« Je suis tombée en descendant Océane des escaliers dans notre ancienne maison à Masson-Angers et j’ai réalisé que ça ne fonctionnait plus. Juste de lui donner un bain, il fallait que je la lève. Si elle voulait se laver ses mains, elle ne pouvait même pas aller dans la salle de bain. [...] C’était trois étages. Juste pour entrer dans la maison, ça ne fonctionnait pas à cause des marches », a raconté Mme McKenzie.

Des entrepreneurs généreux

Le projet a véritablement pris son envol en 2018. Marc Landry, président de Construction LaVérendrye, connaissait les McKenzie puisque ses garçons jouaient au hockey avec les deux frères d’Océane, Owen et Gavin. C’est Mme McKenzie qui l’a contacté pour lui parler de son projet et pour lui partager les plans sur lesquels elle travaillait depuis longtemps. L’homme d’affaires n’a pas hésité à se lancer dans l’aventure.

Fortement inspiré par l’histoire du petit Alek, ce jeune garçon de Val-des-Monts qui avait frôlé la noyade en 2015 et dont la famille s’est vu offrir par un groupe d’entrepreneurs une maison neuve et adaptée à moindre coût en 2017, M. Landry s’était promis de réaliser un projet semblable à celui-ci un jour, dit-il.

« J’ai appelé les sous-traitants moi-même et la réponse a été oui tout de suite. Certains ont tout donné au complet et d’autres ont offert un pourcentage d’escompte et c’est correct parce qu’on n’a pas tous les mêmes entreprises et les mêmes besoins. Nous sommes partis de là et on a fait un total. J’avais dit à mes sous-traitants : ‘‘si nous avons un montant, moi je double’’ et c’est comme ça qu’on a avancé », a-t-il confié.

La nouvelle résidence des McKenzie est estimée à 430 000 $, mais la famille n’aura finalement qu’à débourser 305 000 $ grâce à la générosité des entrepreneurs partenaires qui ont mis l’épaule à la roue.

La demeure à aire ouverte est notamment dotée d’une salle de bain adaptée, d’une rampe d’accès extérieur pour entrer et d’un purificateur d’air destiné à prévenir les éventuelles maladies pulmonaires que pourrait contracter Océane. Bientôt, un élévateur sera installé dans la résidence. Les lieux ont été configurés pour accueillir un tel appareil.

« Ici, même quand elle sera adulte, elle va pouvoir vivre ici. Elle va pouvoir descendre au sous-sol. L’élévateur va l’aider à pouvoir se déplacer. [...] Ça va aussi permettre à nos garçons d’être des adolescents et non des aidants naturels. Ce sont toujours eux qui m’aidaient à transporter Océane. Maintenant, elle va pouvoir suivre ses frères au lieu de se faire prendre par eux. Elle va être une grande fille et non plus un bébé », a souligné Vicki McKenzie.