En mai dernier, Lise Pinsonnault a obtenu beaucoup plus que des conseils de la Fondation québécoise du cancer. Elle a aussi pu profiter d'un espace de vie chaleureux et réconfortant durant son traitement.
En mai dernier, Lise Pinsonnault a obtenu beaucoup plus que des conseils de la Fondation québécoise du cancer. Elle a aussi pu profiter d'un espace de vie chaleureux et réconfortant durant son traitement.

Une main tendue aux cancéreux

Guillaume St-Pierre
Guillaume St-Pierre
Le Droit
Le 24 mai dernier, Lise Pinsonnault se retrouvait perdue, déboussolée. On lui apprend le même jour que son premier cancer progresse dangereusement vite, et qu'une seconde tumeur est localisée. La chirurgie n'attend pas, et les traitements par chimiothérapie ne sauraient tarder, à son grand désarroi.
« J'avais un mois d'attente avant mes traitements, et je me demandais bien pourquoi j'en avais besoin. »
Elle obtient peu de réponses à l'Hôpital d'Ottawa à la suite de son opération. Ébranlée, elle se lance à la recherche d'informations pertinentes concernant sa maladie. Elle empoigne l'anachronique annuaire téléphonique en version papier, défile les colonnes et tombe sur un numéro salvateur : celui de la Fondation québécoise du cancer.
Au bout du fil, les bons conseils s'enchaînent.
« J'ai passé des heures au téléphone avec une dame. Elle m'a tout expliqué les protocoles et comment ça allait se passer. J'avais beaucoup de questions. »
Mme Pinsonnault obtiendra beaucoup plus que des conseils bienveillants de la fondation. Elle lui offrira aussi un espace de vie chaleureux et réconfortant durant son traitement, de nouvelles amitiés, des sourires rassurants.
C'est pourquoi la résidente de Saint-André-Avellin n'a pas hésité lorsqu'on lui a demandé d'agir comme porte-parole dans le cadre d'une soirée-bénéfice au profit de la fondation qui aura lieu vendredi prochain au Château Cartier, à Gatineau.
Un toit et des soins
Cet été, Mme Pinsonnault a séjourné à l'Hôtellerie de la fondation, située à un jet de pierre de l'hôpital de Gatineau, durant six semaines, du lundi au vendredi.
« Comme je reste loin, on m'a suggéré d'utiliser l'hôtellerie », raconte-t-elle. Les 200 kilomètres à parcourir de chez elle à l'hôpital cinq fois par semaine auraient été dévastateurs sur sa santé. Voire impensable. Tout comme les milliers de dollars en frais encourus pour un hébergement dans un hôtel. À l'hôtellerie, 22 $ par jour permettent d'être nourri et logé et garé.
« C'est merveilleux l'aide que j'ai reçue ici, répète-t-elle à qui veut l'entendre. C'est essentiel. Ça ne se trouve pas ailleurs. Les bénévoles travaillent si fort, c'est impressionnant. »
L'aide prodiguée par la fondation prend des formes variées qui tiennent compte tant de la douleur physique que morale des gens atteints de cancer.
La massothérapie et la kinésiologie pour le corps ; l'art-thérapie, des cafés-rencontres et des ateliers de méditation pour l'esprit. Rien n'est laissé au hasard.
Mais ces thérapies complémentaires offertes à un prix dérisoire et disponibles à toute la population de l'Outaouais ont un coût pour l'organisme. C'est dans le but d'assurer le maintien de ces services que la fondation tiendra vendredi prochain son premier Cancerto.
Des places sont toujours disponibles pour assister à la soirée qui mettra en vedette la chanteuse québécoise Ima, bien connue pour ses reprises jazzées et suaves du répertoire français.
Si la directrice régionale de la Fondation québécoise du cancer, Corinne Lorman, se réjouit que Mme Pinsonnault ait réussi à mettre le doigt sur son numéro dans l'annuaire, elle rêve du jour où l'organisme sera davantage connu de la population.
Car la fondation doit encore travailler à sortir de l'ombre de la Société canadienne du cancer, dont le nom et la marque de commerce résonnent largement.
Sans vouloir ne rien enlever à l'organisme pancanadien, dont le but est avant tout de faire avancer la recherche, Corinne Lorman fait remarquer que seule la fondation « se préoccupe du patient au quotidien ».