Les piquets de grève à La Cité pourraient bien être levés bientôt.

Une loi spéciale mettra fin à la grève

Les quelque 25 000 étudiants de La Cité et du Collège Algonquin seront, à moins d’un revirement inattendu, de retour dans les salles de classe en début de semaine prochaine.

Face à l’impasse entre les deux parties, le gouvernement Wynne prend les grands moyens et a décidé d’imposer une loi spéciale pour mettre un terme à la plus longue grève de l’histoire dans les 24 collèges publics ontariens. Le débrayage a débuté à la mi-octobre.

Le NPD a cependant bloqué la tentative du gouvernement de déposer son projet de loi jeudi, si bien que les libéraux vont devoir s’adresser au président de la chambre pour qu’il convoque les parlementaires vendredi, une journée où l’assemblée ne siège habituellement pas, afin que le projet de loi puisse être déposé.

La journée a été riche en rebondissements puisqu’on avait appris en fin de matinée que les quelque 12 500 membres du personnel scolaire représentés par le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) avaient rejeté dans une large proportion (86 %) la plus récente offre patronale. Le Conseil des employeurs des collèges souhaitait que chacun des employés puisse se prononcer individuellement, mais le syndicat avait recommandé à ceux-ci de voter contre l’offre. Un vote électronique qui s’est tenu durant trois jours et dont le taux de participation a atteint 95 %.

Devant cette situation, alors que la cinquième semaine de grève est sur le point de s’achever, la première ministre avait rapidement annoncé jeudi qu’elle étudiait toutes les options, même si elle avait jusqu’ici toujours indiqué ne pas vouloir s’immiscer dans le conflit, préférant une entente négociée. 

Elle a rencontré les membres des unités de négociation des deux parties puis leur avait donné un ultimatum, celui de s’entendre avant 17 h, ce qui n’a pu être fait. Devant ce cul-de-sac, elle a annoncé en début de soirée qu’un projet de loi spécial allait être déposé. Celui-ci forcera le retour au travail des professeurs dès la semaine prochaine et les différends devront être réglés ultérieurement par arbitrage exécutoire.

« Je le répète, les étudiants se sont retrouvés au milieu de ce conflit trop longtemps et ce n’est pas juste. Il faut qu’ils puissent retourner en classe », a indiqué Mme Wynne.

Le chef de l’opposition officielle, Patrick Brown, a réagi en disant qu’il était inacceptable que le gouvernement ait tant tardé à se mêler du dossier, mais a annoncé que les progressistes-conservateurs allaient appuyer la pièce législative « parce que c’est la bonne chose à faire pour les étudiants ». 

De son côté, la chef néo-démocrate Andrea Horwath a justifié son non-appui au projet de loi en disant souhaiter que les étudiants reviennent en classe lundi grâce à un accord négocié entre les deux parties. Accusant les libéraux de n’avoir « rien fait » durant cinq semaines, le parti s’est dit prêt à siéger tout le week-end à Queen’s Park pour débattre.

La direction de La Cité n’a pas émis de commentaires sur la loi spéciale jeudi soir, mais la présidente Lise Bourgeois avait affirmé plus tôt en journée à l’annonce du résultat du vote qu’elle était très déçue de la tournure des événements, disant regretter que la « période d’incertitude se prolonge ».

Rappelons que le plan de contingence de l’institution prévoit que le semestre est prolongé jusqu’au 22 décembre et que la semaine d’études prévue en février est annulée. La session automnale s’étirera aussi jusqu’en janvier.