Deux tintamarres et un spectacle de musique ont ponctué la journée « Les Canadiens saluent l'Acadie ».

Une journée bruyante en l'honneur de l'Acadie

Pour la première fois de façon officielle, une journée d'activités était organisée, mardi, pour célébrer la Fête nationale de l'Acadie dans la région de la capitale nationale.
Des initiatives moins ambitieuses avaient lieu les années précédentes, mais cette année, dans le cadre des fêtes du 150e du Canada, 400 000 $ ont été alloués à cette journée thématique acadienne intitulée « Les Canadiens saluent l'Acadie ». La journée incluait deux tintamarres typiquement acadiens - l'un pour les jeunes dans la journée, l'autre pour les adultes en début de soirée - et un grand spectacle musical de deux heures, en soirée, sur une scène extérieure au parc Jacques-Cartier, site de MosaïCanada150, à Gatineau.
D'abord, dans la journée de mardi, le parc Jacques-Cartier accueillait de 700 à 800 jeunes inscrits à des camps de jour de Gatineau et Ottawa. Les enfants ont ainsi pu en apprendre sur le déroulement d'un tintamarre, genre de rassemblement acadien festif et bruyant où tous défilent en faisant le plus de bruit possible. 
Le tintamarre serait relié à une vieille tradition du Moyen âge qui consistait à faire du bruit pour marquer des événements tristes ou joyeux. Mais l'origine acadienne de cette manifestation est très récente et ne date que de 1955. Ce défilé populaire fut institué lors des fêtes du bicentenaire de la déportation des Acadiens. Il est maintenant repris chaque année en Acadie.
Le tintamarre fut institué lors des fêtes du bicentenaire de la déportation des Acadiens.
L'Acadienne Marie-Hélène Eddie, membre du conseil d'administration de l'Association acadienne de la région de la capitale nationale, estime que le tintamarre a une double signification ; au côté festif de la chose, s'ajoute le rappel bruyant et sans équivoque de la présence et du retour des Acadiens en terre canadienne après la Déportation. 
« On pourrait dire qu'il y a comme un undertone, pas politique, mais qui est quand même significatif. C'est l'idée, de dire qu'on est encore là », explique Mme Eddie.
Même si les jeunes du tintamarre jeunesse y ont davantage vu une occasion de s'amuser, le grand tintamarre des adultes, en début de soirée mardi, fut visiblement plus impressionnant que les petits défilés timides des années précédentes. Des centaines d'Acadiens et de sympathisants et amis ont ainsi bruyamment quitté la colline du Parlement à 18h pile, mardi, sous un ciel incertain, pour traverser le marché By, emprunter le pont Alexandra, pour finalement s'arrêter au parc Jacques-Cartier où avait lieu à 20h30 un spectacle musical réunissant des artistes de toute la francophonie canadienne pour chanter l'Acadie.
Un spectacle partiellement acadien
Une vingtaine d'artistes et musiciens acadiens et canadiens attendait la foule à 20h30 pour une soirée de célébration musicale acadienne sur une scène extérieure plantée dans le parc Jacques-Cartier, site de la magnifique exposition horticole MosaïCanada150.
La distribution ne contenait cependant pas que des artistes de l'Acadie : aux Acadiens Roch Voisine, tête d'affiche de la soirée, Patsy Gallant, Simon Daniel et Joey Robin Haché, s'ajoutaient le Québécois Kevin Parent, l'Ottavienne Rebecca Noelle, le Franco-Ontarien Breen Leboeuf, l'Ontarienne Kim Richardson et le Fransaskois Étienne Fletcher. Les Porn Flakes étaient aussi de la partie.
 
Kevin Parent
Roch Voisine
L'idée derrière la chose était de monter un spectacle-concept réunissant des artistes de toute la francophonie canadienne venus chanter l'Acadie. 
Mais le directeur artistique du spectacle, Laurent Vandeputte, avouait en entrevue au journal Le Droit, peu de temps avant le spectacle, que « c'est certain que la plupart des artistes acadiens savent comme un an d'avance s'ils sont sur des festivals. En Acadie, on a vraiment épluché et passé au peigne fin. Le show s'est décidé sur le tard aussi. Il y avait un défi avec le temps. On a vraiment pris les quelques-uns qui restaient pour venir faire le show à Ottawa. »
Le spectacle voulait couvrir toutes les époques et les tendances musicales qui ont traversé l'Acadie ; l'Ave Maris Stella, un très vieux chant religieux adapté et devenu une sorte d'hymne national acadien, a ouvert le spectacle, suivi d'une ode langoureuse de Joey Robin Haché consacrée à son petit village natal, Nigadoo, au Nouveau-Brunswick. 
Le spectacle s'est poursuivi à travers parfois des méandres insoupçonnés, de Mes blues passent pu dans porte avec Breen Leboeuf à la phase disco de Patsy Gallant, en passant par des interprétations de pièces de Lisa LeBlanc, Zachary Richard et des Hay Babies...
Quelques milliers de personnes ont assisté au spectacle de mardi soir.