Le rapport de BusPatrouille confirme une « espèce d'inconscience collective ».

«Une inconscience collective», dit Barrette

À la lecture du rapport de BusPatrouille sur les infractions commises à proximité des autobus scolaires, personne ne peut contester les faits qui en découlent et des actions sont à poser devant cette « espèce d’inconscience collective », croit le porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports au Québec, Gaétan Barrette.

« Il faut agir, car il n’y a rien à redire sur ce rapport sur le plan méthodologique. J’ai moi-même été témoin d’une infraction récemment alors que je suivais un autobus, j’ai fait un appel de phares à l’autre conducteur pour l’avertir. C’est pourtant difficile à manquer. Mais je n’ai pas été surpris en voyant les résultats du projet pilote. On voit régulièrement des dépassements, il y a une certaine confusion chez les gens », note l’ex-ministre de la Santé.

D’ailleurs, c’est son collègue député de Pontiac et ancien ministre des Transports, André Fortin, qui avait annoncé le lancement de ce projet pilote provincial, l’hiver dernier à Gatineau.

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Affirmant que « ça stagne » et concédant que le Québec n’est pas aussi avancé en la matière que d’autres juridictions, M. Barrette estime que les règles doivent être resserrées et que l’installation de caméras sur les autobus scolaires est « une bonne idée ».

« Comme dans n’importe quelle situation de sécurité publique, il y a une escalade de gestes à imposer, dans un contexte où on veut éviter des accidents. Ça prend une conjugaison d’information, de sensibilisation et de sanctions qui portent à conséquence. Manifestement, il y a bien du monde qui n’est pas conscient du problème, et s’ils le sont, les sanctions ne leur font pas peur. [...] Avant d’en arriver là, on peut aussi faire une campagne de sensibilisation, on en fait déjà qui sont spectaculaires [sur d’autres sujets] », de dire le député libéral.

« Comme dans n’importe quelle situation de sécurité publique, il y a une escalade de gestes à imposer, dans un contexte où on veut éviter des accidents. » explique Gaétan Barrette.

Pression sur la CAQ

M. Barrette soutient qu’en s’appuyant sur les conclusions de ce rapport, il compte prendre le relais et demander au gouvernement Legault d’agir sur la question le plus rapidement possible.

« Une partie de tout ça relève du fédéral dans les démarches à entreprendre, mais le transport scolaire est financé par l’État et ce gouvernement a hérité de surplus substantiels. Il est donc dans une position de prendre des décisions judicieuses, il ne peut invoquer un manque de moyens », conclut-il.

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LES RÉACTIONS EN BREF

Une avenue à envisager sérieusement, selon la CSD

« La sécurité des élèves n’a pas de prix », affirme le président de la Commission scolaire des Draveurs (CSD), Claude Beaulieu, qui estime que le gouvernement doit se pencher sérieusement sur la question d’installer des caméras sur les autobus scolaires, quitte à y aller de façon progressive. « On est en faveur, pourvu que le gouvernement finance les transporteurs. Je pense que c’est une voie à explorer, car c’est un problème et l’étude est concluante. On pourrait commencer par en placer graduellement sur les circuits considérés comme les plus problématiques, pas nécessairement le faire mur à mur dès le départ, car le gouvernement n’a peut-être pas la capacité de payer. Mais on sait qu’avec les infractions, ça pourrait permettre de financer une partie de la somme », note-t-il. Même s’il prône cette option, ce dernier tient toutefois à préciser qu’il ignore comment Québec s’y prendra pour éponger la facture considérant qu’il se privera de revenus « de plusieurs centaines de millions $ » avec l’imposition souhaitée d’un taux de taxation scolaire unique à travers la province avec le projet de loi 3.

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Sans terre-plein, on doit s’immobiliser

Certains automobilistes croient à tort qu’il n’est pas nécessaire de s’immobiliser devant un autobus scolaire dont les feux sont en marche et le panneau d’arrêt est ouvert si l’on circule en sens inverse sur une artère à plusieurs voies. Or, rappelle la police, il est obligatoire de le faire en tout temps, et ce dans les deux directions, sauf sur une route dotée d’un terre-plein central. 

«C’est le facteur prédominant. Il faut qu’il y ait un obstacle physique qui permette de préserver la sécurité de l’écolier au centre de la rue. Il faut vraiment que ce soit une partie surélevée. Il ne peut pas s’agir uniquement de signalisation sur la chaussée», mentionne la porte-parole du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), Andrée East.

Conscientes de la problématique, les autorités policières ne cachent pas qu’il est ardu pour les agents de constater en direct des infractions liées au dépassement ou au croisement d’un autobus scolaire dont les feux sont en marche. «C’est difficile, car il faudrait suivre les autobus sur leur trajet. Souvent, quand on intercepte un véhicule, c’est qu’une patrouille a été organisée à la suite de plaintes au 311. Juste le fait que l’un de nos véhicules soit là, ç’a un impact. Et est-ce que la solution passe par la remise de plus de constats ? Non, il s’agit d’éduquer les gens, leur rappeler quand on doit arrêter et quand on peut continuer. Ce n’est pas normal de ne pas remarquer ces choses-là (feux clignotants activés) lorsqu’on est derrière le volant», d’ajouter Mme East. 

Cette dernière ajoute, pour ceux qui l’ignoreraient, que cette règle du Code de la sécurité routière s’applique également aux cyclistes, qui s’exposent à une amende de 80$ s’ils ne s’y conforment pas.