Au Québec, à partir de -10 °C, une personne peut être à risque d’hypothermie si elle reste à l’extérieur pour une période prolongée.

Une halte-chaleur à la Soupe populaire

Une halte-chaleur a ouvert ses portes dans les locaux de la Soupe populaire de Hull vendredi soir. Ce service permet aux gens sans logis de ne pas passer la nuit dehors, au froid, et de venir se réchauffer à l’intérieur d’un local où on y sert notamment du café et de la soupe chaude.

Le directeur général de la Soupe populaire de Hull, Michel Kasongo, a qualifié de « succès » la première nuit de la halte-chaleur.

« Avant 23h déjà il y avait une dame qui attendait devant le bâtiment et on a ouvert pour la laisser entrer. Elle était toute mouillée puisqu’elle était dehors sous la pluie, raconte-t-il. Quelques minutes plus tard, un jeune homme dans la vingtaine est arrivé, tout mouillé également. Au total, on a eu une dizaine de personnes qui sont venues se réchauffer le temps de quelques heures dans nos locaux. »

Le directeur général de la Soupe populaire de Hull, Michel Kasongo

Alors que la région de l’Outaouais est aux prises avec une crise du logement « comparable à celle de 2001 », selon M. Kasongo, la directrice exécutive du Gîte Ami, Lise Paradis, soutient qu’il faut faire preuve d’inclusion.

« Il n’y a pas de lits de camp, mais parfois certains gens vont dans un coin faire une sieste ou encore s’accotent sur la table pour se reposer et on va les laisser faire parce qu’on se veut un lieu d’inclusion, dit-elle. Les seules raisons pour lesquelles on va exclure quelqu’un de nos services c’est s’il a un comportement qui n’est pas acceptable ou encore qu’il y ait de la violence, sinon on est très tolérant. »

M. Kasongo soutient d’ailleurs qu’aucun cas de violence quelconque n’a été rapporté pour le moment.

« Il n’y a pas eu de violence ou de cas de comportements déplacés. Les gens sont reconnaissants et nous remercient beaucoup. Moi ça me fait du bien de voir ça et je pense que ça fait du bien à tout le monde », confie-t-il.

En collaboration avec plusieurs partenaires dont la Soupe populaire de Hull, le Gîte Ami et la Ville de Gatineau, le service sera offert à tous, sept jours sur sept, de 23 h à 7 h, jusqu’au 31 mars 2019. Cependant la halte-chaleur pourrait devenir accessible plus longtemps au besoin.

« Advenant qu’il fasse encore des froids sibériens le 31 mars, il se peut qu’on prolonge le service pour quelques semaines », indique Mme Paradis.

Les organisateurs ne ferment pas non plus la porte à offrir ce service pour les années à venir.

« Ce qu’on essaie de pousser c’est de construire plus de logements sociaux avec du soutien communautaire, mais ça, ce n’est pas à court terme. La halte-chaleur est vraiment une solution à court terme, mais si on voit qu’on vit la même problématique l’an prochain, on va voir ce qu’on peut faire avec les partenaires pour remettre le projet sur pieds », explique Lise Paradis.

« Nous n’allons pas laisser tomber quelque chose qui fonctionne bien, ajoute M. Kasongo. Nous n’allons pas exclure l’idée de faire ça l’année prochaine avec le succès qu’on voit déjà cette année. »

Rappelons qu’à partir de -10 °C, une personne peut être à risque d’hypothermie si elle reste à l’extérieur pour une période prolongée.