L’abolition de la taxe dédiée aux infrastructures a été mise de côté par le comité. Par contre, on propose de réduire cette taxe de 50 % pour les trois prochaines années.

Une gestion à transformer à Gatineau

Une analyse approfondie de l’ensemble des dépenses et des revenus de la Ville de Gatineau réalisée au cours des derniers mois pourrait mener à des changements majeurs au cours des prochaines années dans la gestion municipale. La transformation du visage même de l’organisation qui pourrait en découler aurait, dès 2019, un impact direct dans le portefeuille des contribuables.

Le comité responsable de l’analyse approfondie du budget a rendu public son rapport très attendu, mardi, en comité plénier. Piloté par le conseiller Gilles Carpentier, le comité a accouché de 12 recommandations dont certaines remettent en question des vaches sacrées qui s’étaient imposées depuis la fusion municipale en 2001, voire il y a plusieurs décennies. 

Le rapport identifie peu de mesures très concrètes pour l’instant. Il reviendra au conseil municipal, d’ici la fin de l’année, de donner son aval aux différentes recommandations qui se résument souvent à la réalisation de nouvelles analyses plus pointues. C’est ainsi que l’intégration de la Société de transport de l’Outaouais à l’organisation municipale pourrait être étudiée. C’est le cas aussi pour une plus grande intégration de la technologie dans prestation des services de proximité, la diversification des revenus et les mesures à prendre pour régler les problèmes criants de pénurie de main-d’œuvre au sein de l’administration municipale. 

Une pause de trois ans

Conscient des efforts réalisés par les contribuables après des années de pression fiscale à la hausse, le conseil municipal étudiera la possibilité de revoir le modèle de financement de la taxe dédiée aux infrastructures pour offrir une relative pause de trois ans aux payeurs de taxes. 

L’abolition de la taxe dédiée aux infrastructures qui croît de 1 % par année a été étudiée par le comité. Cette option a été mise de côté, mais le contribuable y trouvera tout de même son compte. Le comité recommande plutôt de réduire la perception de cette taxe de 50 % pour les trois prochaines années. Le manque à gagner serait toutefois remplacé par des emprunts. Cette mesure forcerait la Ville à déroger de sa politique d’utilisation de la dette. Au total, ce serait 16 millions $ qui viendraient s’ajouter à la dette sur une période de trois ans. En procédant ainsi, l’administration ne serait pas dans l’obligation de retirer des travaux d’infrastructure payés à même les revenus de la taxe dédiée, comme le vaste chantier de l’eau jaune. 

Il est aussi proposé au conseil de réduire la hausse de la taxe générale à 1,6 % dès 2019 et pour les trois prochaines années. Cette mesure combinée à la réduction de la perception de la taxe dédiée, les Gatinois verraient leur compte de taxes augmenter de 2,1 % pour les années 2019, 2020 et 2021, au lieu des augmentations de 2,9 % auxquelles ils ont été habitués depuis plusieurs années. Le cadre financier déposé en début de mandat prévoyait une hausse de taxes de 2,5 % en 2019.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin affirme que le recours à la dette ne serait pas un signal que Gatineau retombe dans de vieilles habitudes fiscales pour limiter la hausse des taxes. « C’est d’abord un enjeu philosophique, dit-il. On paie comptant 68 % de nos travaux d’infrastructure en 2018. C’était 25 % en 2010. Pour moi, c’est une question d’équité. Les gens d’aujourd’hui ne peuvent pas avoir sur leurs épaules l’ensemble du rattrapage à faire en matière d’infrastructure. Qu’on le fasse un peu avec de l’emprunt c’est sain, selon moi. »

Cette mesure, comme toutes les autres recommandations du comité n’ont pas fait l’objet de débat, mardi, lors de la présentation du rapport. Les discussions et les débats se feront lors de l’étude du budget 2019, en novembre prochain.