Une femme atteinte par la COVID-19 ne respectait pas les consignes

Les policiers de Québec sont intervenus auprès d’une femme atteinte de la COVID-19 vendredi, elle se promenait dans la ville et n’aurait pas respecté les consignes d’isolement. 

Avec des gants, masque et lunettes de protection, les policiers se sont rendus au domicile de la femme avec en main une ordonnance de la Direction de la santé publique. Finalement, c’est dans la résidence d’un ami que les agents l’auraient trouvée, à Limoilou.

Le mandat d’ordonnance permet aux agents d’intervenir auprès de cette femme d’une vingtaine d’années afin de la conduire dans un centre de santé ciblé. Le CIUSSS de la Capitale-Nationale confirme qu’il s’agit d’un «Ordre d’isolement et de respect des directives pour éviter toute contagion».

L’intervention s’est déroulée dans le secteur de Limoilou vers 14h. Les policiers ont multiplié les mesures de sécurité sanitaires. Ils n’ont pas approché la femme et lui ont fait parvenir l’ordonnance, un masque et des gants dans un bac qu’ils auraient poussé vers elle. 

«Elle doit obéir à la situation d’ordonnance, elle n’a pas le choix. Mais on peut dire qu’elle a collaboré. On a une approche différente de mesures de sécurité dans le contexte», indique Sandra Dion, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). 

Avec l’ordonnance en mains, les agents ont procédé par enquête pour retrouver la femme, ils travaillent en collaboration avec les partenaires de la santé publique. Pour les démarches suivant cette intervention, le CIUSSS assurera un suivi auprès de la femme.

Priorité sécurité 

«La Loi sur la santé publique accorde à notre directeur de santé publique le pouvoir de mettre en œuvre toutes les mesures d’intervention appropriées dans les cas de non-respect des consignes qui pourraient mettre en jeu la santé et la sécurité de notre population», a fait savoir le CIUSSS par communiqué vendredi.

«Nous utiliserons toutes les mesures requises et nécessaires mises à notre disposition afin d’assurer le respect des consignes en place», assure-t-on.

La femme devra être placée en isolement pour les prochaines semaines, les autorités concernées s’assureront que cet isolement sera respecté, cette fois.

«Nous comptons sur la collaboration et la solidarité des personnes atteintes, et de la population en général, afin de nous aider à ralentir la propagation du virus dans notre région», indique aussi un porte-parole du CIUSSS.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a pu constater un non-respect des consignes grâce à des échanges avec la femme.

«Dans son processus d’enquête épidémiologique, la santé publique est en contact continu avec les personnes testées positives à la COVID-19», termine la direction des communications du CIUSSS de la Capitale-Nationale. 

Concernant la santé des policiers, Sandra Dion rappelle que les agents ont l’habitude de travailler auprès de personnes contagieuses, comme avec l’hépatite.

Sous contrôle

On précise aussi que «la situation est sous contrôle». Si le CIUSSS craignait pour la santé des citoyens, de Limoilou principalement, il aurait informé les médias d’un parcours à éviter ou de mesures sanitaires supplémentaires à adopter. 

On se rappellera un cas à Montréal, où une personne atteinte du virus avait fréquenté la ligne verte du métro de Montréal et la ligne d’autobus 106 le 10 mars. Les médias avaient communiqué l’information aux citoyens, afin de mettre en garde les personnes ayant emprunté les mêmes trajets.

Pour le cas de la femme à Québec, le CIUSSS a jugé qu’il n’était pas essentiel de retracer son parcours et d’alarmer la population, l’enquête épidémiologique ayant montré que la situation était maîtrisée. 

«Dans ce cas-ci, on avait des outils de protection et la personne a bien collaboré, on a travaillé de manière sécuritaire. Les policiers vont être attentifs à leurs symptômes, mais n’auront pas de test. Même principe que les infirmières qui travaillent auprès de personnes contagieuses. Ils sont prudents et sensibilisés», indique la porte-parole du SPVQ.