Selon les maires de petites municipalités, les changements climatiques font très mal aux infrastructures municipales.

Une facture de 10 % des changements climatiques

10%. C’est le coût des changements climatiques en matière d’infrastructures.

Les maires de Val-des-Monts et de Denholm parlent des changements climatiques comme étant le nouveau défi à relever dans leurs municipalités. Escarpements instables, ruisseaux et rivières gonflées, résidents sinistrés, et factures de plus en plus salées.

Non seulement de nombreux chemins de campagne ont été détruits par le passage de l’eau, ce printemps et cet automne, mais de nombreuses pentes se sont affaissées sur leurs territoires. Des calvettes trop petites n’ont pas résisté au courant des ruisseaux devenus de petites rivières.

« Les changements climatiques nous préoccupent beaucoup, dit le maire de Denholm, Gaétan Guindon. Ça va même jusque dans nos projets d’infrastructures. Les ministères nous demandent d’ajouter des frais à cause des changements climatiques. Quand tu te fais dire par un ingénieur qu’il faut prévoir un ‘coussin’ de prévision pour les changements climatiques, jusqu’à 10% du budget, ça commence à être sérieux.

À la fin octobre, le chemin Paugan, qui relie les routes 105 et 307, soit les secteurs de Low et de Poltimore, a été fermé par la municipalité de Denholm. 

La route s’est effondrée et une pente s’est affaissée sur la chaussée. 

Le maire a fermé le chemin de façon permanente parce qu’il n’a pas les moyens financiers pour tout réparer.

«On a des secteurs qui n’étaient pourtant pas identifiés comme étant sensibles aux glissements de terrain, dit le maire Guindon. Va falloir réviser nos plans. Investir dans nos infrastructures, c’est une chose, mais ajouter 10% sur la facture, c’en est une autre. Si on refait le chemin, et qu’un glissement de terrain survient dans deux, trois ans, nous ne sommes pas plus avancés.»

À Val-des-Monts, le maire Jacques Laurin constate lui aussi que les flancs de montagnes, sur les routes 307 et 366, présentent des risques de glissement de terrain, devenu plus évident à cause des pluies abondantes des derniers mois (voir autre texte). «C’est vraiment les pires endroits. Les mouvements de masse sont concentrés sur les berges des rivières du Lièvre et Blanche. Des glissements de terrain comme il y a eu, il y a deux semaines (à la fin octobre), ce sont des événements qui m’inquiètent. Les fontes de neige sont rapides depuis deux, trois ans.»

Le maire de Val-des-Monts attend un rapport exhaustif de la Fédération des lacs de Val-des-Monts, prévu ce printemps. «En gros, ça va nous dire quels sont les travaux à faire, avec le phénomène des changements climatiques.»

Les maires disent avoir «des devoirs à faire» pour contrer l’érosion des terrains, et éviter que des habitations soient construites dans de nouvelles zones à risque.

«On observe de nouveaux escarpements de 20 ou 25 pieds de hauteur», dit le maire Guindon.