La pandémie de COVID-19 n’a pas fait disparaître la crise du logement qui afflige bien des ménages à faible revenu à Gatineau, mais aussi surprenant que cela puisse paraître, la crise sanitaire donnerait lieu à un 1er juillet un peu moins cauchemardesque que dans les dernières années.
La pandémie de COVID-19 n’a pas fait disparaître la crise du logement qui afflige bien des ménages à faible revenu à Gatineau, mais aussi surprenant que cela puisse paraître, la crise sanitaire donnerait lieu à un 1er juillet un peu moins cauchemardesque que dans les dernières années.

Une crise du logement moins aiguë grâce à la COVID-19?

La pandémie de COVID-19 n’a pas fait disparaître la crise du logement qui afflige bien des ménages à faible revenu à Gatineau, mais aussi surprenant que cela puisse paraître, la crise sanitaire donnerait lieu à un 1er juillet un peu moins cauchemardesque que dans les dernières années.

C’est du moins la lecture que fait l’Office d’habitation de l’Outaouais (OHO) à quelques jours de la traditionnelle journée nationale des déménagements. La porte-parole de l’organisme, Karina Osiecka, précise que neuf ménages inscrits à l’OHO sont toujours sans logement pour le 1er juillet, alors qu’ils sont habituellement plus d’une vingtaine à ce moment-ci de l’année. «Cinq ménages ont été relogés dans de l’hébergement temporaire ou à l’hôtel et nous sommes confiants de trouver une solution rapidement pour les quatre autres, précise-t-elle.»

La liste d’attente pour un logement de l’OHO oscille toujours autour de 1000 inscriptions. La pénurie de logements abordables demeure bien réelle, tout comme la flambée des prix des loyers, mais un «effet COVID» semble vouloir apaiser les effets négatifs ressentis dans le marché depuis quelques années.

«D’abord, il est évident que plusieurs ménages ont décidé de prolonger leur bail d’un an au lieu de quitter leur logement, explique Mme Osiecka. Il y a aussi eu le gel des évictions décrété par le gouvernement ce printemps qui a un effet. On voit aussi que les gens qui déménageront cet été ne le feront pas tous le 1er juillet. La période de déménagement semble vouloir s’étendre jusqu’en septembre. Ça donne plus de temps aux propriétaires pour remettre leurs logements en disponibilité.»


« Des propriétaires de logements Airbnb ont visiblement décidé de remettre des logements sur le marché de la location en raison de la baisse du tourisme. C’est difficilement mesurable, mais on sent cet effet à Gatineau et dans d’autres grandes villes. »
Karina Osiecka

Airbnb

Un autre effet évident, mais difficile à chiffrer et à préciser, c’est l’impact de la COVID sur les locations Airbnb. La Ville de Gatineau révélait récemment qu’à elle seule, l’Île-de-Hull abriterait près de 400 logements entiers inscrits sur les plateformes de location comme Airbnb, ce qui est suffisant pour déstabiliser un marché locatif déjà en pénurie de logements.

«Des propriétaires de logements Airbnb ont visiblement décidé de remettre des logements sur le marché de la location en raison de la baisse du tourisme, note Mme Osiecka. C’est difficilement mesurable, mais on sent cet effet à Gatineau et dans d’autres grandes villes.» De fait, le taux d’inoccupation des logements qui était de 1,2 % l’an passé est passé à 1,9 % cet été et pourrait continuer de grimper un peu, estime l’OHO. «On recommence même à voir quelques pancartes à louer dans certains quartiers où on n’avait pas vu ça depuis des années», ajoute la porte-parole.

La présidente de la commission sur le développement du territoire, l’habitation et l’environnement de la Ville de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, signale que l’ensemble des partenaires, les organismes communautaires, la Ville et le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais demeurent prêts à faire face à la situation. «Je dirais même qu’on est mieux préparé que l’an passé parce qu’on sait un peu plus ce qui nous attend, dit-elle. L’important c’est que les gens se parlent et agissent de concert pour aider les ménages à ne pas se retrouver à risque d’itinérance. Le comité a des rencontres depuis plusieurs semaines déjà. Cette année, c’est surtout le CISSSO qui assume le leadership.»