Les membres de la congrégation tiennent des chandelles artificielles en cette froide nuit de décembre

Une congrégation veut raviver l’intérêt en la religion chrétienne

TORONTO - Les membres de la congrégation de l’Église Mercy City, à Toronto, se rassemblent devant une vitrine de centre commercial qui a été reconvertie en lieu de culte, et portent des chandelles artificielles en cette froide nuit de décembre.

Les membres de six autres églises de la communauté célèbrent Noël quelques jours à l’avance. Certains se réunissent une église non conventionnelle de l’est de Toronto avant de se rendre dans un petit parc voisin, où ils allumeront un arbre de Noël et, où ils espèrent répandre l’évangile auprès de spectateurs non chrétiens.

Mercy City est nichée entre une buanderie et une ancienne pharmacie. L’église n’a pas de clocher ni de bancs. Des chaises en plastique blanches font face au pasteur et fondateur de l’église, Chris Yu, qui prononce un sermon d’une durée de moins de dix minutes. À proximité, des ordinateurs bordent un mur rouge orné de divers versets de la Bible.

M. Yu dit que ce type d’installation est accessible et logique pour sa communauté.

Mercy City fait partie d’un certain nombre de ces nouvelles églises qui ont pour but d’attirer les non-croyants vers le christianisme et les non-pratiquants vers les services religieux - ce qui n’est pas une tâche facile étant donné l’évolution de la religion au Canada.

En 2011, la dernière fois que le recensement a posé une question sur la religion, un peu plus de 67 pour cent des Canadiens s’identifiaient à la religion chrétienne, une baisse de 80 pour cent par rapport aux chiffres datant d’une vingtaine d’années. Pendant la même période, le nombre de répondants ne s’identifiant à aucune religion a grimpé de 23,9 pour cent.

Si certains peuvent analyser ces chiffres comme une preuve de crise de confiance envers la religion, M. Yu y voit une occasion en or.

« En tant que pasteur, notre travail, notre passion est d’intéresser à la foi des gens de tous les âges, de tous les parcours, mais surtout ceux qui n’ont pas la foi du tout », a-t-il expliqué.

« Vous devez amener le message là où les gens en ont le plus besoin et où personne ne le transmet. »

Des églises adaptées à la communauté

Son établissement est conçu selon les besoins de la communauté, ce qui lui donne un avantage face aux autres églises, selon lui.

Elle est ouverte tous les jours pour les programmes après l’école parce qu’il n’y a pas de centre communautaire dans le secteur, a dit M. Yu. Les ordinateurs sont là pour les personnes qui autrement n’y auraient pas accès. Et les services religieux sont en soirée, car beaucoup de gens dans le quartier travaillent pendant la journée le dimanche. D’autres églises sont situées dans des quartiers riches, afin de joindre de jeunes professionnels urbains.

Les chefs religieux doivent comprendre les besoins de leur communauté, a indiqué M. Yu, et faire de leurs églises un élément nécessaire du quartier.

Il reconnaît que ce n’est pas facile d’attirer de potentiels croyants. L’organisme « Church Planting Canada » permet aux différentes églises du réseau de communiquer entre elles et de partager de l’information.

Les sites internet des églises sont modernes et conçus par des firmes de marketing créatives. Elles paient également pour diffuser des publicités sur Facebook qui peuvent parfois être vues 20 000 fois.

Souvent, les publicités ne mentionnent pas l’affiliation à laquelle ces églises appartiennent.

M. Yu insiste pour dire qu’il ne tente pas de cacher son affiliation à l’Église libre évangélique du Canada. Selon lui, il n’est pas nécessaire de le publiciser, parce que les personnes qui fréquentent l’église ne se soucient pas de cela.

Graham Singh, directeur principal de Church Planting Canada, avoue que le choix d’exclure l’affiliation peut être effectué pour ne pas éloigner de potentiels croyants.

« Dans certains cas, les gens diront : «Je n’ai pas été à l’église, mes parents ne sont pas allés à l’église, mais je suis catholique». Parfois, cette loyauté de marque est surprenante », a-t-il expliqué.

Mais la loyauté de marque est en voie de disparition, a-t-il fait remarquer ; les frontières sont plus ténues entre les différentes désignations. M. Singh est de confession anglicane, mais il dirige une église sans dénomination à Montréal, appelée St. Jax.

« Church Planting Canada » est supervisé par les Assemblées de la Pentecôte du Canada, mais l’organisme représente 26 confessions différentes et réseau d’églises.