Une cohabitation compliquée

Jean-François Dugas
Jean-François Dugas
Le Droit
Le partage des pistes cyclables devient de plus en plus problématique à Ottawa et force la municipalité à reconsidérer la conception de ses sentiers à usage multiple.
La hausse des conflits entre piétons et cyclistes sur de telles voies a fait surface hier lors du comité de transports municipal où le Plan de la circulation piétonnière a été présenté aux élus.
«Je comprends que les sentiers polyvalents répondent à un besoin et ils sont très efficaces à des endroits où le volume de piétons ou de cyclistes n'est pas suffisant pour aménager des installations pour un seul de ces groupes. Toutefois, on observe de plus en plus de confits sur ces sentiers, parfois en raison de comportements répréhensibles, déplore David Chernushenko, échevin dans le quartier Capitale.
La Ville étudie plusieurs scénarios pour assurer une meilleure cohabitation entre les cyclistes et les piétons, avance Kornel Musci, directeur municipal de la planification stratégique des transports. En plus de continuer les efforts de sensibilisation auprès des usagers, notamment avec une meilleure signalisation, M.Musci soutient que la municipalité pourrait élargir les sentiers au-delà des dimensions actuelles où même envisager l'aménagement de sentiers distinctifs pour ces clientèles.
«Les conflits entre piétons et cyclistes s'avèrent un tout nouveau problème, a avoué M. Mucsi, en parlant entre autres des sentiers de la Commission de la capitale nationale, particulièrement ceux qui longent la rivière des Outaouais et le canal Rideau.
M. Chernushenko estime que la Ville n'a pas, par exemple, à légiférer davantage sur les limites de vitesse imposées aux cyclistes ni envoyer des agents de réglementation pour épingler les cyclistes qui ont le pied pesant ou les piétons qui promènent leur chien sans leur laisse sur les sentiers. À son avis, il faut simplement faire preuve d'un peu plus d'étiquette.
«Certaines veulent que les pistes soient un moyen pour les cyclistes de se rendre à destination rapidement, d'autres préfèrent qu'elles soient navigables pour tous. Je ne veux pas pénaliser l'un ou l'autre», a résumé M. Chernushenko.
Le Plan de la circulation piétonnière, présenté hier, fait état des réalisations de la municipalité au cours du dernier mandat des élus.
Depuis 2010, la Ville a investi 7,36m$ dans l'infrastructure piétonnière. Ainsi, 158 kilomètres de trottoirs et 30 kilomètres de sentiers ont été aménagés.
Par ailleurs, 96 projets sont prévus d'ici 2031 pour mieux accommoder les piétons de la ville. Les voies pour donner un meilleur accès aux services de transport en commun et aux écoles figurent au sommet de la liste de priorités au cours des trois phases de construction. «Nous sommes bien positionnés pour assurer notre succès», a constaté Gill Wilson, gestionnaire responsable du plan piétonnier.
Malgré ce vote de confiance, le conseiller municipal du quartier Innes, Rainer Bloess, peste.
«Nous avons un bon plan. Le problème est sa mise en oeuvre [...]. Je m'explique mal comment on peut construire un trottoir et l'arrêter à mi-chemin sur une rue, a-t-il lancé en faisant allusion au chemin Renaud dans l'est de la ville. Il manque plusieurs liaisons. C'est l'élément qui semble nous poser des problèmes.»