Une clôture sur la 50

Des clôtures munies de câbles métalliques pourraient faire leur apparition dès l’été prochain sur les tronçons les plus « accidentogènes » de l’autoroute 50 pour séparer la chaussée en attendant la réalisation son élargissement à quatre voies.

En entrevue mercredi avec Le Droit en marge du caucus présessionel de la Coalition avenir Québec, le ministre des Transports, François Bonnardel, a révélé que des clôtures composées des poteaux reliés « avec un fil de fer » pourraient permettre de sécuriser rapidement les secteurs où la circulation se fait actuellement dans les deux directions sur une même chaussée.

Il s’agit donc de la « solution originale » qu’avait évoquée en décembre le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, pour accroître la sécurité pour tous ceux qui circulent sur la 50. De telles clôtures sont déjà utilisées ailleurs, entre autres aux États-Unis et en Océanie.

M. Bonnardel a fait savoir qu’une telle option représente un coût moins élevé que des murets de béton, tout en offrant la possibilité d’être installées plus rapidement.

Entre la fin des quatre voies dans l’est de Gatineau et le retour des quatre voies dans les Laurentides, la 50 s’étire sur 115 kilomètres, dont 95 sont à voies contiguës. « Une route secondaire qu’on a transformée en 100 km/h », illustre François Bonnardel.

Le ministre n’est pas prêt à dire que des clôtures centrales seront érigées sur l’ensemble des tronçons à deux ou trois voies, mais estime que « dès l’été prochain », un tel dispositif pourrait apparaître sur « les axes un peu plus problématiques », soit ceux qui sont considérés « accidentogènes ».

Une équipe dédiée

Le Droit a par ailleurs appris que le ministre des Transports met sur pied une équipe spécialement dédiée à l’élargissement de l’autoroute 50 au sein de la direction régionale de l’Outaouais.

« La 50, pour nous, c’est une priorité, assure François Bonnardel. […] L’équipe de projet, précisément, c’est un coordonnateur de projet, deux ingénieurs, un chargé d’activités, un adjoint technicien, l’équipe de soutien, l’équipe d’arpentage et des biologistes qui vont être [mis] à profit. […] C’est une action importante pour accélérer le processus. »

Octroyé l’été dernier, le contrat de 2,4 millions $ pour la préparation des plans et devis de l’élargissement d’un tronçon de 7,4 kilomètres à l’est de Gatineau devrait prendre fin à l’été 2020. Ce n’est qu’après cette étape que les travaux de construction — dont la durée n’est toujours pas déterminée — pourront commencer.

« Est-ce qu’on va être capable de réduire ça de quelques mois ? Je ne peux pas l’assurer comme tel », a mentionné M. Bonnardel. Il précise toutefois que dès que l’étape des plans et devis pour élargir le tronçon situé entre les chemins Findlay et Doherty sera terminée, « il n’y a pas de raison qu’on prolonge encore de quelques années le début de ces travaux-là ».

Le ministère des Transports s’apprête par ailleurs à octroyer un contrat de conception pour réaliser l’élargissement qu’avaient annoncé les libéraux pour un tronçon de 23 kilomètres reliant Lachute à Mirabel.

+

Train léger : Bonnardel demande plus d’argent du fédéral

Le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, a affirmé, mercredi, que le gouvernement fédéral devra allonger des sommes supplémentaires pour boucler le financement du projet de train léger dans l’ouest de Gatineau.

François Bonardell, ministre des transport du Québec

«C’est sûr que le gouvernement va être présent, a insisté M. Bonnardel, […] mais il y a aussi le fédéral dans l’entente où il y a un montant spécifique dédié à ça, et il faut que je sois capable d’aller chercher encore plus d’argent du fédéral.»

Le fédéral a accepté de verser un peu plus de 5 milliards$ dans ce programme d’infrastructures de transport en commun.

En vertu des règles de financement  de ce programme fédéral-provincial, il manquerait environ 600 millions $ pour financer le projet de 2,1 milliards$ défendu par le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Ce dernier a d’ailleurs rappelé au ministre fédéral des Infrastructures, François-Philippe Champagne, lundi, dans le cadre du congrès de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), qu’il souhaite voir le gouvernement bonifier son programme. Il s’agissait de la deuxième rencontre en un mois entre les deux hommes.

Le ministre Bonnardel a qualifié le train léger proposé par le maire de Gatineau de «projet extrêmement important» pour lequel le «gouvernement donne spécifiquement son appui». Il a ajouté que la Politique de mobilité durable adoptée par le gouvernement provincial ne s’adresse pas uniquement aux grands centres comme Montréal et Québec. 

«Ce projet répond aussi pour les besoins de congestion que vous avez de plus en plus dans votre région, donc oui, on pousse pour ce projet», a ajouté M. Bonnardel.