Tony et Lauren Williams en compagnie de leur fils James

Une Canadienne enceinte coincée à Wuhan avec son mari et leur enfant

Un enseignant qui vit avec sa femme enceinte et leur enfant dans la ville considérée comme l’épicentre de l’épidémie de coronavirus en Chine espère que sa famille pourra en sortir en toute sécurité.

Tom Williams est un expatrié britannique qui vit et travaille depuis environ cinq ans à Wuhan, capitale de la province du Hubei en Chine. Cette ville et plusieurs autres localités de la région ont été mises en quarantaine par les autorités chinoises pour tenter de contenir la propagation du virus.

Sa femme Lauren, originaire de Langley, en Colombie-Britannique, est enceinte d’environ 35 semaines, a-t-il expliqué en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. Ils ont également un fils de deux ans et demi, James, né à White Rock, en Colombie-Britannique.

«Nous sommes en quarantaine dans la ville», a-t-il souligné.

La situation est «assez calme» et «sous contrôle» à Wuhan, a-t-il dit, mais la fermeture des routes a ajouté «un peu d’inquiétude» quant au moment où il devra conduire sa femme à l’hôpital pour l’accouchement, prévu pour la mi-février.

«Cela devient un peu plus risqué au fil du temps, a dit M. Williams. Ça change tous les jours. De nouvelles choses et de nouvelles directives surviennent.»

Il dit avoir appelé la ligne d’urgence de l’ambassade du Canada au cours de la fin de semaine. Le personnel diplomatique a transféré son cas à Ottawa, où on lui a dit que sa famille devait rester à Wuhan pour le moment.

«Il n’y a pas de plans imminents pour évacuer les Canadiens de la ville», a affirmé M. Williams. Il aimerait quitter Wuhan «dès que possible», mais affirme qu’il est aussi prêt à y rester.

«Si je dois rester derrière, tant pis. Tant que ma femme est assurée d’un accouchement sécuritaire...»

La Chine a signalé jusqu’à maintenant plus de 2700 cas de nouveau virus et au moins 80 décès. Les responsables de la santé publique affirment que la vitesse de propagation du coronavirus s’accélère.

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167 Canadiens enregistrés dans la région

Lors d’une conférence de presse à Ottawa, lundi, le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a déclaré que 167 citoyens canadiens vivant dans la région de Wuhan s’étaient enregistrés auprès du gouvernement fédéral, une mesure volontaire qui aide le Canada à les suivre et à leur fournir des informations.

Huit d’entre eux ont demandé une forme quelconque d’»assistance consulaire», a-t-il dit.

Le Canada n’a pas de présence diplomatique permanente à Wuhan. Certains de ses alliés, comme les États-Unis, ont de grands consulats qu’ils ont décidé d’évacuer. Ils emmènent des citoyens particulièrement vulnérables à bord de vols nolisés pour le personnel diplomatique.

Le Canada dispose d’une ligne d’assistance téléphonique pour les Canadiens qui ont besoin d’aide. «Nous assurons également la liaison avec nos partenaires internationaux pour garantir des options permettant d’assurer la sécurité et le bien-être de tous les Canadiens qui ont besoin d’une assistance consulaire en Chine», a déclaré M. Champagne.

À Wuhan, selon M. Williams, les magasins sont toujours ouverts et bien approvisionnés; cependant, certaines routes ne laissent passer que les véhicules approuvés.

«Si vous êtes dans un endroit plus central dans la ville ou plus proche de l’épicentre du virus, alors seuls les véhicules autorisés peuvent circuler sur ces routes.»

Les résidants doivent porter des masques et les autorités vérifient la température des gens pour voir s’ils font de la fièvre, a-t-il rapporté.

M. Williams et sa famille ne vivent pas dans la partie centrale de la ville et les voitures peuvent continuer de s’y rendre, mais il y a très peu de circulation, a-t-il souligné.

Bien que la situation soit «triste et bouleversante», M. Williams assure qu’il garde son calme. «Les choses sont telles qu’elles sont. On ne peut pas toujours les contrôler. Nous essayons d’avoir de l’espoir au lieu d’entretenir la peur.»