Au CISSSO, on indique qu’en vertu de l’entente de gestion avec le ministère de la Santé, la cible actuelle est que 100 % des patients en attente d’une chirurgie élective soient opérés en un an.

Une attente parfois longue

Bien que les patients de l’Outaouais devant subir une chirurgie de la hanche ou du genou attendent en moyenne moins de cinq mois pour passer sous le bistouri, certains voient cette attente tourner autour d’un an.

Des données obtenues par Le Droit auprès du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) montrent que depuis le 1er avril dernier, 217 patients ont subi une arthroplastie du genou dans un délai moyen de 100 jours. L’attente la plus longue a été de 231 jours, soit un peu plus de sept mois. Dans le cas des prothèses de la hanche, 116 patients ont subi une chirurgie depuis le 1er avril, après une attente moyenne de 127 jours, soit environ quatre mois. Dans un cas, l’attente a frôlé une année complète.

Chez les patients qui sont toujours sur la liste, l’attente moyenne se situe à 88 jours pour le genou et à 98 jours pour la hanche. L’attente la plus longue est actuellement d’un an et six jours pour une prothèse du genou et d’environ neuf mois pour la hanche.

Une sexagénaire de Gatineau qui s’est confiée au Droit sous le couvert de l’anonymat voit son quotidien être compliqué par cette situation. En attente d’une arthroplastie de la hanche depuis la mi-mai, cette dame qui vit seule déplore n’avoir aucune idée du moment où elle sera opérée.

En mai, son chirurgien lui a indiqué que l’opération se ferait « d’ici trois mois », raconte-t-elle. Elle a trouvé quelqu’un pour s’occuper d’elle après sa chirurgie. Mais voilà qu’avec l’hiver qui arrive, cette personne part en voyage, forçant la patiente à trouver un plan B.

Pendant ce temps, la patiente peine à faire ses activités quotidiennes, puisqu’elle ressent beaucoup de douleur en marchant. Ses messages laissés à la clinique d’orthopédie au fil des mois sont demeurés sans réponse. La seule fois où elle a pu parler à quelqu’un, on lui a indiqué que son nom était « dans le système » et qu’elle devrait être appelée « sous peu ». « Ça, c’était en septembre », déplore la dame.

La pénurie persiste

Au CISSSO, on indique qu’en vertu de l’entente de gestion avec le ministère de la Santé, la cible actuelle est que 100 % des patients en attente d’une chirurgie élective soient opérés en un an.

On indique aussi que la patiente en attente depuis la mi-mai « devrait prendre rendez-vous avec [son chirurgien] et lui exposer la problématique clinique », ce qui pourrait permettre que l’opération soit faite par un autre médecin si l’attente est moins longue.

« Il est important de noter à ce point-ci que la situation globale des activités chirurgicales connaît un ralentissement relatif à l’enjeu des ressources humaines infirmières, induisant une diminution de l’offre chirurgicale temporaire pour les patients de l’Outaouais », note toutefois le CISSSO.

À la fin septembre, l’organisation avait annoncé qu’en raison d’une forte pénurie d’infirmières, seulement deux lignes opératoires sur cinq demeuraient ouvertes à l’Hôpital de Hull, tandis qu’une autre était réservée pour les urgences. « Le personnel infirmier qui était en absence maladie commence à revenir au travail, ainsi pour le mois de décembre nous avons certains jours où l’on compte quatre et même cinq lignes d’ouvertes, indique le CISSSO. Cela étant dit, nous ne fonctionnons pas encore à pleine capacité. »

Le CISSSO affirme par ailleurs avoir mis en place des mesures pour accroître l’accessibilité téléphonique en orthopédie. La boîte vocale est maintenant « vidée au mois deux fois par jour », une ressource à temps partiel a été ajoutée pour au moins deux mois, tandis que depuis le début novembre, les patients quittent la clinique d’orthopédie avec une date de rendez-vous ou une estimation de l’attente pour recevoir un appel.