Une douzaine de conférenciers se réuniront les 18 et 19 septembre pour discuter des solutions au problème de l'itinérance.

Un symposium pour éradiquer l'itinérance

Au moment où le projet de relocalisation du refuge de l'Armée du Salut du marché By vers le secteur Vanier fait tant jaser, un symposium sur le thème de l'itinérance aura lieu la semaine prochaine à Ottawa. L'approche « Logement d'abord », développée dans les années 90 à New York, sera au coeur des discussions.
Un groupe de bénévoles, dont fait partie Denis Labossière, est derrière l'organisation de l'événement, qui se tiendra les 18 et 19 septembre au Centre communautaire Richelieu-Vanier. Une douzaine de conférenciers seront de la partie, dont le sénateur libéral Art Eggleton, l'économiste et ex-directeur parlementaire du budget, Kevin Page, le conseiller municipal Mathieu Fleury, le professeur à l'Université d'Ottawa Dr Tim Aubrey ainsi que l'ex-ministre fédérale du Logement, Claudette Bradshaw.
Le principe « Logement d'abord », privilégié par plusieurs villes partout sur la planète, consiste à procurer, en premier lieu et dans de courts délais, un logement permanent aux personnes vivant une situation d'itinérance chronique ou épisodique afin de les aider à sortir de la rue ou des refuges d'urgence, puis, en second lieu, à leur offrir des services d'accompagnement selon leurs besoins. Le principe de base de cette approche est que les gens sont plus aptes à avancer dans la vie si elles sont logées.
Chercher une alternative
« Le but du symposium, c'est essentiellement de chercher à identifier une alternative aux abris d'urgence tels qu'on les connaît. Ils ne fonctionnent pas. [...] L'avantage de la méthode Logement d'abord, c'est qu'en plus de connaître plus de succès pour sortir les itinérants de la rue, elle coûte beaucoup moins cher aux contribuables. Il existe de meilleures options, comme celle-ci, qui permettent à ces gens-là d'être traités avec plus de dignité. Les gens se retrouvent intégrés dans le voisinage et sont moins ciblés », de dire M. Labossière. 
Certaines villes, dont Medecine Hat, dans le sud-est de l'Alberta, ont réussi à éradiquer ou presque le problème d'itinérance grâce à cette approche, mentionne-t-il. La ville qui compte 65 000 âmes s'était fixé cet objectif il y a huit ans. Là-bas, une famille sur dix ne gagne pas assez pour subvenir à ses besoins essentiels.
L'Ottavien signale que le débat qui fait rage autour du projet de déménagement de l'Armée du Salut n'est pas tant un phénomène de « pas dans ma cour », mais plutôt un phénomène « pas dans la cour de personne », c'est-à-dire que dans le meilleur des mondes un tel refuge n'aurait pas sa raison d'être. 
Pour des informations et pour s'inscrire au symposium : www.housingfirstottawa.com.
Investissement de l'Ontario
Par ailleurs, le gouvernement ontarien a annoncé lundi qu'il s'associait aux municipalités pour offrir plus de logements avec services de soutien et d'autres formes d'assistance aux personnes dans le besoin, avec comme objectif de réduire la pauvreté et de mettre fin à l'itinérance chronique d'ici 2025. On a entre autres annoncé que Toronto recevra un financement de 90 millions $ sur trois ans, permettant ainsi de venir en aide à 1880 ménages dans la Ville Reine. Le montant accordé par la province aux autres villes dont Ottawa sera déterminé cet automne.