Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités AMARJEET SOHI a fait l’essai du simulateur lors de la présentation de jeudi.
Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités AMARJEET SOHI a fait l’essai du simulateur lors de la présentation de jeudi.

Un simulateur virtuel pour l'O-Train

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Manettes, boutons et écran panoramique de 180 degrés devant lui, le maire Jim Watson est retombé en enfance le temps de quelques minutes jeudi. Pas étonnant, car il venait d’essayer le nouveau simulateur interactif d’OC Transpo, un outil à la fine pointe de la technologie qui permettra de former les futurs opérateurs du train léger.

Le premier magistrat s’est prêté au jeu en devenant opérateur de train grâce au simulateur de pilotage conçu par l’entreprise française OKTAL et acquis au coût d’un million $. À moins de huit mois du jour J, soit la mise en service de la Ligne de la Confédération, il a avoué qu’un tel exercice permet de constater que « le rêve est en train de devenir réalité ». 

« C’est une expérience plaisante et spéciale. On dirait un jeu vidéo, mais en plus sérieux. Le visuel du simulateur est très représentatif de la réalité, que ce soit l’Université d’Ottawa, le Centre Rideau, la station Blair, etc. Ça permet d’avoir un bel aperçu du train léger. [...] Et c’est une autre étape importante, car la formation des employés permet d’assurer leur propre sécurité et celle des passagers », a commenté M. Watson. 

À s’y méprendre

Le simulateur, installé dans une maquette de voiture de train, a beau être un outil purement virtuel, c’est à s’y méprendre avec la réalité tellement le trajet de l’O-Train et les éléments géographiques de la capitale fédérale ont été reproduits avec minutie. Tout y est : les courbes, la dénivellation du sol et les édifices avoisinants, entre autres.

Les 70 opérateurs de train, dont la formation s’étalera sur une période variant de six à huit semaines, auront l’occasion de tester leur conduite dans diverses situations, de la tempête de neige à l’obscurité la plus totale en passant par un orage ou encore une arrivée au quai d’une station bondée de gens. 

Leurs réflexes et leur temps de réaction seront mis à l’épreuve puisque des choses inattendues pourraient se retrouver sur les rails, par exemple un animal ou un arbre qui est tombé. La conduite du train léger pourra être automatisée ou non. 

L’instructeur en véhicules ferroviaires électriques chez OC Transpo, Tristan Green, décrit le simulateur qu’a pu tester Le Droit comme un « formidable outil de formation ». 

« Ce n’est pas le voir pour le croire, c’est le croire pour le voir ici. Il y a des possibilités à l’infini. On peut créer la simulation pour que le chauffeur puisse lui-même résoudre les problèmes au fur et à mesure qu’ils apparaissent. Ça peut aussi être des défectuosités mécaniques ou techniques qui surviennent. Le logiciel nous permet aussi de faire l’analyse de la conduite, de faire des comparaisons », affirme-t-il. 

Ce dernier ne cache pas que les défis seront grands et que la capacité d’assimilation variera d’un chauffeur à l’autre. Plusieurs générations œuvrent chez OC Transpo, qu’il s’agisse de baby-boomers ou encore des milléniaux. 

« Il y a des gens que ça fait 30 ans qu’ils ne se sont pas assis dans une salle de classe pour suivre une formation. Tout le monde est au courant de ce à quoi ils vont devoir faire face, mais en voyant le simulateur, ça les a encouragé », ajoute M. Green. 

La nouvelle installation de formation interactive d’OC Transpo a été inaugurée en présence de plusieurs dignitaires, dont le ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités, Amarjeet Sohi, le président de la Commission du transport en commun, Stephen Blais, et le directeur général des Transports à la Ville d’Ottawa, John Manconi.

Les locaux comprennent également une salle de formation dotée de 12 postes de travail, sans compter que des simulateurs de la Ligne Trillium et pour les autobus traditionnels seront installés dans les semaines à venir.

L’O-TRAIN EN QUELQUES FAITS...

13 stations (dont trois souterraines) pour la Ligne de la Confédération, de Blair à pré Tunney, soit une distance de 12,5 km

34 véhicules ferroviaires légers, le Citadis Spirit d’Alstom

Chaque train de deux voitures a 14 portes doubles et pourra accueillir jusqu’à 600 passagers (240 places asswises)

Le train pourra atteindre une vitesse maximale de 100 km/h, mais il est prévu qu’il ne surpasse pas les 80 km/h

En période de pointe, pourront transporter près de 11 000 passagers à l’heure dans chaque direction

Les quais du train ont 100 mètres de long

Aux heures de pointe, les trains arrêteront à chaque station à toutes les 5 minutes ou moins 

Le train léger sera en fonction de 5h à 1h du lundi au jeudi, de 5h à 2h le vendredi, de 6h à 2h le samedi et de 8h à 23h le dimanche

Inauguration de la Ligne de la Confédération prévue pour mai 2018

La phase 2 du projet comprend le prolongement de la Ligne Trillium en 2021 et le prolongement de la Ligne de la Confédération vers l’est (2022) et l’ouest (2023)