José Dominguez a été choisi parmi plus de 25 000 candidats par la société AHLOT de Toronto pour intégrer le « comité de curation de cannabis » de huit personnes provenant des quatre coins du Canada pour la prochaine année.

Un Sherbrookois agira comme goûteur de pot pour le marché canadien

Un Sherbrookois a été sélectionné pour faire partie d’un groupe sélect de connaisseurs de cannabis qui auront la tâche de goûter, de conseiller et d’orienter une sélection de produits qui se retrouveront sur les tablettes des vendeurs légaux à travers le Canada.

José Dominguez a été choisi parmi plus de 25 000 candidats par la société AHLOT de Toronto pour intégrer le « comité de curation de cannabis » de huit personnes provenant des quatre coins du Canada pour la prochaine année.

« Je compare mon travail à celui de sommelier pour le vin. Ma tâche sera de déterminer ce que le public pourrait aimer comme sorte de cannabis à partir de divers producteurs afin de constituer la boîte d’échantillons de l’entreprise. Nous allons en quelque sorte sélectionner ce qui se fait de meilleur et le regrouper en cinq échantillons d’un gramme dans les boîtes vendues par AHLOT. Nous allons goûter tous les types de cannabis allant de la feuille, aux fleurs en passant aussi par les produits transformés », explique José Dominguez.

Il recevra environ 1000 $ par mois pour goûter les produits, faire ses recommandations, apparaître sur les réseaux sociaux et participer à des événements corporatifs de l’entreprise. Les échantillons qu’il devra tester seront aussi fournis gratuitement.

« Il faut tester de petits échantillons de quatre à cinq variétés aux deux semaines, Ce que l’on nous demande est l’équivalent d’une consommation d’environ cinq joints aux deux semaines. Quand on évalue le goût, ça ne veut pas dire que le cannabis est toujours inhalé. Il faudra identifier les palets, les arômes, les arrières goûts entre autres. C’est vrai que pour tester l’effet on va prendre une soirée plus relaxe. En proportion de ce que nous devrons évaluer, c’est environ 70 pour cent pour le goût et 30 pour cent pour l’effet », mentionne M. Dominguez.

Les coffrets que José Dominguez collaborera à constituer vont se retrouver partout au Canada dont peut-être dans les succursales de la SQDC.

« Il y a des hommes et des femmes de différents groupes d’âges et venant de divers horizons. Je crois que les sélections que nous ferons rejoindront plusieurs personnes », estime José Dominiguez.

Privilégié

Il se considère très privilégié de travailler dans le domaine émergent du cannabis et que son expertise soit reconnue.

« Ce n’est pas parce qu’un emploi est dans le cannabis qu’il n’y a pas de contrôle de sécurité. Au départ, j’ai dû me défendre avec les autorités policières en raison d’une incompréhension de législation, mais ça n’a pas mené à des accusations », indique José Dominiguez.

Ce dernier développe son expertise dans l’industrie du cannabis depuis plus de quinze ans.

« Je cultive depuis plusieurs années avec des autorisations de Santé Canada pour une consommation à des fins médicales. J’ai gagné 43 cannabis Awards. Au début de l’industrie, il y avait beaucoup de lacunes. Je me disais qu’il y aurait des réformes. Le cannabis médical a été la porte d’entrée au débat de l’aspect récréatif. Je me suis dit que ce serait légal un jour. Le but de cultiver était au départ d’aider des patients de façon professionnelle et non criminelle. Je me suis développé une spécialité en génétique du cannabis lors de diverses manipulations au fil des ans », mentionne le goûteur pour AHLOT.

Il voit la légalisation du cannabis à des fins récréatives comme des opportunités d’affaires et d’emplois à saisir.

« Avec la SQDC, la clé est de rester patient. C’est une question de temps. On ne met pas en place une nouvelle industrie du jour au lendemain. L’année 2019 va être de meilleure tant dans l’offre que dans la qualité », croit l’homme de 37 ans.