Tout a commencé lorsqu'Audrey Poulin, mère de deux enfants maintenant âgés de quatre et six ans, s'est mise à souffrir de déprime et de solitude.

Un réseau social pour les mamans

Un nouveau réseau social vient récemment de voir le jour au Canada et est expressément consacré aux mères.
L'expression «génération du millénaire» concerne ceux qui sont nés entre 1980 et l'an 2000. On les désigne aussi par l'appellation «génération Y ». Les plus vieux d'entre eux sont maintenant dans la trentaine et plusieurs sont parents. Des études démontreraient que 80 % des mères de cette génération ont déjà souffert d'isolement et de solitude. C'est ce que soutiennent Audrey Poulin et David Proulx, un couple de Shefford en Estrie qui vient de lancer Social.mom, une nouvelle application de réseautage social fonctionnant sur Androïd et iOS, à l'instar de Tinder.
Le but de cette innovation est d'aider les mamans esseulées à se géolocaliser et à se retrouver entre elles selon l'âge de leurs enfants, leur lieu de résidence et leurs intérêts personnels. Social.mom est essentiellement une affaire de femmes et de jeunes mères, et n'a pas de but mercantile. Et surtout, le couple Poulin-Proulx désirait s'éloigner du modèle actuel des groupes de mères existant déjà sur Facebook ; des pages souvent trop commerciales et propices aux querelles. 
«Les groupes Facebook, ça finit toujours avec des super grosses chicanes: formules de lait ou allaitement? Couches jetables ou réutilisables ? Ça finit toujours par: "t'es la fille de Hitler !" [...] Y a toujours une hurluberlue qui pollue le système. Quand les gens créent un compte chez nous, il faut qu'ils donnent leur numéro de téléphone. Juste le fait qu'ils aient donné leur numéro et pas juste un courriel, ça les calme. Et quand quelqu'un a été rapporté trois fois à faire du harcèlement, on le sort», explique David. 
La caravane rose de Shefford
Tout a commencé lorsqu'Audrey, mère de deux enfants maintenant âgés de quatre et six ans, s'est mise à souffrir de déprime et de solitude. Après en avoir parlé à son conjoint qui oeuvrait dans une boîte de pub, les deux ont non seulement eu l'idée de lancer une application pour réunir les mères désemparées par la lourdeur de leur tâche, mais ils ont décidé de traverser le Canada dans un véhicule récréatif tout rose pour faire connaître leur nouvelle idée aux mères canadiennes. Non seulement allaient-ils aider les mères, mais ils allaient les rencontrer physiquement dans leurs patelins.
En deux semaines de voyage, le nombre de leurs abonnés est passé de 800 à 5 000. Audrey et David ont écumé jusqu'à maintenant Halifax, Moncton, Québec et Ottawa. La caravane rose bonbon est déjà arrivée à Sudbury, puis sera Thunder Bay et tout l'ouest canadien. La petite famille qui vit 24 heures par jour, à quatre, dans son Winnebago terminera sa tournée canadienne par Toronto et Montréal. Puis, dès janvier, la famille Proulx-Poulin se rembarquera dans un autre périple, à l'assaut, cette fois, des États-Unis qu'elle parcourra du sud au nord, soit de la Floride au Vermont.  
Être mère et mourir un peu... 
Arrivés à Ottawa pour rencontrer des mères de la région au parc Brewer, vendredi dernier, Audrey et David y avaient organisé un petit ralliement maternel en plein air. Plusieurs dizaines de mères s'y sont rendues. L'une d'elles en avait les larmes aux yeux, raconte Audrey, tellement elle était soulagée de pouvoir rencontrer d'autres femmes vivant la même réalité qu'elle.
Aujourd'hui, nos deux entrepreneurs vivent sur leurs réserves financières puisque les deux ont quitté leurs emplois respectifs, l'une en comptabilité, l'autre en marketing. 
«On est à mi-chemin entre l'organisme de charité et le business, raconte David. On n'est pas tant drivé que ça par le profit, mais ultimement quand on va vivre de ça, c'est quand on va avoir plus d'annonceurs sur notre plateforme.»
Pour l'instant, Social.mom n'a qu'un seul commanditaire et leur but est purement philanthropique.
«On a beaucoup de mamans qui nous écrivent pour nous dire: "merci, j'en avais vraiment de besoin" [...] 80 % des femmes se sentent seules mais sur Facebook, elles ont toutes l'air au-dessus de leurs affaires [...] quand, en fait, en dedans, elles sont en train de mourir», conclut David Proulx.