Madeleine Meilleur, ministre déléguée aux Affaires francophones.
Madeleine Meilleur, ministre déléguée aux Affaires francophones.

Un rendez-vous manqué, dit la ministre Meilleur

Daniel Leblanc
Daniel Leblanc
Le Droit
Une semaine après la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d'octroyer au groupe TV5 Québec Canada un signal pour la chaîne Unis, rejetant du coup la proposition de la Corporation de la télévision francophonie canadienne avec son projet de chaîne Accents, la ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Madeleine Meilleur, fait part de ses préoccupations dans une lettre.
Même si elle espère que le projet ralliera un maximum de communautés francophones hors Québec, la députée d'Ottawa-Vanier croit que la population franco-ontarienne n'y trouve pas son compte. Selon l'élue, cette nouvelle antenne accordée à TV5 aura pour effet d'accroître la concentration de l'industrie de la télé francophone à Montréal, même s'il a été annoncé que trois bureaux régionaux seraient ouverts dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Mme Meilleur va même plus loin en qualifiant la décision du CRTC de «rendez-vous historique manqué», promettant de surveiller de près la chaîne télévisée afin que son contenu réponde à son mandat dans le meilleur intérêt des communautés francophones en situation minoritaire. «Pourquoi le CRTC n'a-t-il pas opté pour une décision qui aurait permis aux francophones vivant en situation minoritaire d'avoir leur propre antenne et de rayonner partout au Canada grâce à une programmation à leur image et dont ils auraient été les initiateurs, créateurs, producteurs et diffuseurs?» questionne la ministre.
À son avis, la décision de l'organisme fédéral ne favorise que de façon indirecte le développement de l'industrie télévisuelle francophone hors Québec, qui contrairement à celle de la Belle Province, a besoin de leviers solides pour espérer survivre et se développer.