L'immeuble doit être construit derrière le café Les Saisons.

Un projet immobilier sème l'inquiétude dans le Vieux-Chelsea

Certains citoyens du Vieux-Chelsea sont préoccupés devant un projet immobilier qui, argumentent-ils, va dénaturer le caractère patrimonial du secteur. La promotrice du projet, elle, veut se faire rassurante.
Le nouvel immeuble, qui serait situé sur la ruelle Padden, compterait trois étages avec sept espaces commerciaux au rez-de-chaussée et 28 lofts résidentiels aux étages.
Jeanne Dessureault, une résidente du chemin Scott, affirme que le projet va à l'encontre des normes minimales de construction permises dans la zone en vertu de la Loi sur le patrimoine et du Plan particulier d'urbanisme de Chelsea. Elle rappelle qu'il existe encore des maisons dans le quartier qui ont été construites au 19e siècle, et que les résidents du Vieux-Chelsea sont fiers du caractère historique de leur secteur, à l'entrée du parc de la Gatineau. Elle compare le projet à celui du 79, chemin Fraser à Gatineau, précisant qu'il est démesuré par rapport aux maisons patrimoniales du secteur.
« Si on nous met un gros édifice moderne, les gens qui ont des maisons ou des terrains autour voudront aussi développer au maximum parce que ça va rapporter davantage. Donc, tous les terrains autour suivront. Ça sera gâché. Ça crée un précédent qui fera que, tout à coup, le petit village en question, il n'y en aura plus. C'est pour ça qu'on dit non », a lancé Mme Dessureault, craignant aussi que l'étroitesse de la ruelle peine à absorber la hausse de la circulation.
« La banlieue s'en vient, et si on ne fait pas attention, on sera rattaché à Gatineau. Les petites choses qui ont encore un certain cachet, on les perdra », a continué Mme Dessureault.
La promotrice, Manuela Teixeira, qui possède des immeubles qu'elle a rénovés dans le Vieux-Chelsea, a indiqué avoir rencontré des propriétaires de résidences autour du projet avec des plans préliminaires. Elle a rappelé qu'elle a vécu aussi une opposition il y a dix ans lorsqu'elle a annoncé son intention de rénover et d'agrandir le Pub Chelsea.
« Les gens ne voulaient pas de changement. Ils voulaient garder le vieux pub tel qu'il était. Ils pensaient que j'allais détruire le village avec le projet que j'apportais, a-t-elle expliqué. Une fois que j'ai eue réalisé le projet, tout le monde était heureux ».
« J'ai une grande préoccupation pour la sauvegarde du patrimoine. J'ai une grande préoccupation pour l'histoire, en général, et j'ai une plus grande sensibilité encore à avoir, à offrir, des projets avec une architecture qui s'intègre bien dans l'environnement », a continué Mme Teixeira, signalant s'être battue pour sauver le presbytère de la démolition, et avoir participé à le transformer en un centre artistique.
Le projet a été présenté lors de réunions publiques à la municipalité de Chelsea, mais Mme Dessureault aurait souhaité une consultation hors du cadre de l'hôtel de ville. 
La mairesse de Chelsea, Caryl Green, a concédé que le bâtiment aura une allure contemporaine, mais elle a affirmé qu'il respecte les règlements municipaux en matière d'urbanisme et d'intégration architecturale.
« La promotrice, Mme Teixeira, a démontré qu'elle a un souci pour le patrimoine, et que l'architecture présentera, un peu, ce souci pour le patrimoine », a indiqué la mairesse de Chelsea, précisant que les matériaux extérieurs utilisés seront de la pierre, de la brique et du bois, et que le projet répond aux critères du Plan d'implantation et d'intégration architecturale.
Mme Teixeira estime qu'un village qui veut survivre dans le temps doit être dynamique avec, entre autres, son café, son pâtissier et son pub, par exemple.
« Un village est un endroit où les gens marchent pour aller d'un point à l'autre et trouver ce qu'ils veulent. Je pense que c'est ça qu'on doit ramener à Chelsea. On avait perdu ça ici », a plaidé Mme Teixeira.
Le conseil municipal de Chelsea a approuvé à l'unanimité deux dérogations mineures à ses règlements pour le terrain de stationnement et les reculs des limites du lot afin de préserver le maximum d'arbres sur la propriété. 
Une résidente de la ruelle Padden, Rosemary Quipp, a aussi signalé son opposition au projet dans le journal anglophone local, exprimant les mêmes craintes que Mme Dessureault.