Kathleen Wynne
Kathleen Wynne

Un premier test pour Kathleen Wynne

François Pierre Dufault
François Pierre Dufault
Le Droit
L'Ontario saura aujourd'hui si Kathleen Wynne a mis assez d'eau dans son vin pour éviter la tenue d'élections hâtives. Les partis d'opposition jugeront, à la lecture du discours du Trône, si les concessions de la nouvelle première ministre sont suffisantes pour qu'ils renouvellent leur appui au gouvernement libéral minoritaire.
Mme Wynne a rencontré ses rivaux à plusieurs occasions avant d'apporter la touche finale au discours d'inauguration de la prochaine session parlementaire. Elle a laissé entendre, la semaine dernière, qu'elle avait repris plusieurs de leurs idées dans ce document résumant les grandes orientations de son gouvernement pour la prochaine année.
Le lieutenant-gouverneur David C. Onley doit faire la lecture du discours du Trône, à 15h.
Mme Wynne profitera de la rentrée parlementaire à Queen's Park pour annoncer une réforme de l'aide sociale. Elle s'y était engagée dès le lendemain de son ascension à la chefferie libérale, fin janvier. On s'attend à ce qu'elle propose d'augmenter les prestations des bénéficiaires qui réintègrent le marché du travail, afin de faciliter leur transition.
L'annonce d'une réforme de l'aide sociale permettrait à la nouvelle première ministre de rejoindre à la fois les progressistes-conservateurs de Tim Hudak et les néo-démocrates d'Andrea Horwath, qui détiennent la majorité des sièges à l'Assemblée législative. Les deux formations d'opposition ont, elles aussi, promis d'aider les chômeurs à retourner sur le marché du travail et y rester.
Pour le reste, Mme Wynne devrait tanguer davantage du côté de Mme Horwath que du côté de M. Hudak. Les deux femmes ont des idéologies et des personnalités proches l'une de l'autre. Elles ont eu trois longues conversations lors desquelles elles ont discuté de concessions précises, au cours des dernières semaines.
Par exemple, Mme Horwath réclame que les grandes entreprises ne puissent plus se défiler de la taxe de vente harmonisée (TVH), chiffrant les pertes à 1 milliard $ par année. Elle réclame également la création d'un programme de formation en milieu de travail pour les jeunes, un rabais de 15% sur l'assurance automobile et une réduction du temps d'attente pour la livraison de soins aux aînés à domicile.
L'appui des néo-démocrates serait suffisant pour que les libéraux survivent au vote de confiance sur le discours du Trône.
Or, la principale pomme de discorde entre Mme Wynne et Mme Horwath risque d'être l'après-loi 115. La chef libérale a promis d'adoucir le ton avec les enseignants des écoles publiques anglophones, rouvrant même la porte à de nouvelles négociations pour que ceux-ci renoncent à leurs moyens de pression. Mais contrairement au NPD, le gouvernement n'a aucune intention de rouvrir les contrats de travail qu'il a imposés à quelque 135000 éducateurs, début janvier.
M. Hudak semble, pour sa part, déjà en campagne électorale. Le chef progressiste-conservateur multiplie les visites aux quatre coins de la province dans le but de faire connaître son plan d'austérité pour effacer un déficit de 11,8 milliards $ et remettre plus d'un demi-million de chômeurs au travail.