Les candidats à la mairie de Gatineau, Sylvie Goneau, Denis Tassé et Maxime Pedneaud-Jobin

Un point tournant pour Gatineau?

L’élection de dimanche serait-elle un tournant dans la vie démocratique de la Ville de Gatineau ? Deux des trois principaux candidats à la mairie croient que oui.

« C’est un point tournant lance la candidate indépendante à la mairie, Sylvie Goneau. Si [Action Gatineau] est élu majoritaire autour de la table du conseil, le pouvoir du parti politique va continuer à augmenter et ça va forcer les indépendants à former d’autres partis politiques afin qu’ils puissent se battre à armes égales. » 

Selon Mme Goneau, l’élection de 2017 pourrait être la dernière au cours de laquelle un seul parti politique brigue les suffrages à Gatineau. « Ça va dépendre du résultat », dit-elle. 

Le chef d’Action Gatineau et maire sortant, Maxime Pedneaud-Jobin est convaincu que son véhicule politique a fait ses preuves et a démontré l’« atout immense » que représente la possibilité de défendre un programme avec équipe. « Je suis certain que plusieurs vont finir par en venir à cette conclusion, a-t-il dit. Selon moi, en 2017, on est rendu là. Ça prend des équipes, ne serait-ce que pour être en mesure de regrouper la diversité de candidats et d’expériences nécessaires pour gérer une ville de la taille de Gatineau. Il faut mettre fin au tirage de couverte. »

Maxime Pedneaud-Jobin


Questionné lui aussi à savoir si la présente campagne est la dernière avec un seul parti politique, le candidat indépendant à la mairie, Denis Tassé, a  rapidement évacué la question. « Je ne sais pas, a-t-il affirmé. Mais quand je vais être maire, il n’y aura pas d’autres partis, pas avec moi. »

La place des entrepreneurs

Les candidats à la mairie ont tous fait leur traditionnel bilan de campagne, vendredi. Ils en ont profité pour rappeler leurs principaux engagements et pour répondre une dernière fois aux questions de la presse régionale. 

Sylvie Goneau affirme que la campagne a permis de démontrer que la communauté entrepreneuriale n’a « jamais autant été divisée » qu’au cours des quatre dernières années, à Gatineau. 

« C’est très clair que le style de leadership des quatre dernières années n’a pas été rassembleur pour la communauté des gens d’affaires », a-t-elle dit. Denis Tassé a abondé dans le même sens en saluant l’apport des entrepreneurs dans cette campagne. « Ils ont droit à leur parole, de poser des gestes et de prendre des positions, a-t-il rappelé. Nous avons pu parler de leur mécontentement et du manque d’attention à leur égard pendant cette campagne. »

Le maire sortant ne s’est pas trop étendu sur cet élément de la campagne, rappelant qu’une majorité d’entrepreneurs sont satisfaits des services et du traitement offerts par la Ville. « Le développement économique est un enjeu important, les villes en font de plus en plus, et c’est correct que cet enjeu prenne de la place pendant une campagne », a-t-il affirmé. 

« Peur »

Maxime Pedneaud-Jobin, estime avoir réussi, au cours de cette campagne, à démontrer la qualité de l’équipe qu’il a rassemblée. « Ce sont des gens qui ont des idées claires, des projets clairs, qui ont le goût de travailler ensemble et qui sont positifs, a-t-il affirmé. La démarche de nos candidats n’est pas contre quelque chose, elle est pour Gatineau. »

Denis Tassé, qui a utilisé le mot « peur » onze fois lors de sa dernière conférence de presse, vendredi, a rejeté les critiques voulant qu’il ait donné un ton négatif à sa campagne en multipliant les attaques à l’endroit du maire sortant. 

« Je pense avoir fait une campagne positive en proposant mon programme, mais en campagne, a-t-il dit, il faut dénoncer les choses qui doivent l’être. »

Denis Tassé

Sylvie Goneau a précisé que si elle est élue dimanche, elle compte se limiter à deux mandats à la mairie. 

« Et si les Gatinois choisissent une autre personne que moi, je vais leur souhaiter bonne chance et je vais quitter pour toujours la politique municipale, a-t-elle indiqué. Je ne reviendrai pas. »

GONEAU DÉNONCE LE MESSAGE DES CANDIDATES D'ACTION GATINEAU

La candidate indépendante à la mairie, Sylvie Goneau, estime que les huit candidates d’Action Gatineau ont lancé un «mauvais message» à la population, jeudi, en affirmant qu’elles offraient aux Gatinois la possibilité de se doter d’un conseil paritaire au scrutin de dimanche.

« Leur intérêt n’est pas d’avoir une équité autour de la table, leur intérêt c’est d’avoir une majorité pour le parti politique au conseil, a lancé Mme Goneau. Elles utilisent la carte féministe pour favoriser la majorité. »

Sylvie Goneau

Sylvie Goneau qui a elle-même joué la carte féministe à plus d’une reprise depuis l’annonce de sa candidature à la mairie, il y a plus d’un an, reproche aux candidates de l’équipe Pedneaud-Jobin de présenter le parti politique comme la seule façon d’attirer plus de femmes en politiques. 

Sur 52 candidats inscrits à l’élection municipale de Gatineau, 12 sont des femmes et huit portent les couleurs d’Action Gatineau. Elles ont précisé adhérer d’abord à la vision et aux idées du parti, mais elles ont ajouté que l’appui logistique et moral qu’offre un parti avait facilité leur décision de se lancer en politique. 

« Elles avaient la possibilité de souligner qu’il y a 12 femmes qui se présentent, mais elles ont préféré en parler que de celles qui se présentent pour le parti politique, ajoute Mme Goneau. Ça ne fait qu’augmenter la partisanerie. Un parti politique n’est pas la seule façon de faire de la politique pour les femmes, c’est ça le message qu’il faut envoyer. »