Une affaire troublante a connu son dénouement au palais de justice de Gatineau
Une affaire troublante a connu son dénouement au palais de justice de Gatineau

Un père impose son fétiche à sa fillette

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Un père de famille est allé trop loin en imposant à sa fille son propre fétiche sexuel pour les couches. L’homme originaire du Pontiac a reçu une peine d’un an de prison mardi pour ses crimes pédophiles.

L’affaire troublante a connu son dénouement au palais de justice de Gatineau, alors que le juge Mark Philippe a entériné la proposition commune de la défense et de la Couronne. Le quinquagénaire, qui n’avait pas d’antécédents en la matière, a plaidé coupable à plusieurs chefs, dont celui d’incitation à des contacts sexuels sur une mineure.

D’entrée de jeu, la procureure de la Couronne, Me Christine Lambert, a décrit la nature des deux agressions rapportées aux autorités.

«À deux reprises, explique la procureure, monsieur s’exhibe devant sa fille, il met des vêtements de femmes et des couches. Il s’exhibe devant sa fille et demande de toucher son pénis.»

L’enfant d’à peine dix ans a été traumatisée par ces agressions. Les expertises psychologiques démontrent que la consommation de drogue est un autre problème à régler.

Les fétiches d’infantilisme et d’éonisme n’ont rien d’illégal. Ils le deviennent lorsqu’ils sont imposés à un public non averti, dans le cadre d’un épisode d’exhibitionnisme, ou lors d’agressions sexuelles envers des adultes ou des enfants.

L’accusé aurait toujours été conscient de ses problèmes de consommation et de ses fétichismes. Il n’y avait jamais eu événement semblable avec sa fille, et selon le tribunal, c’est lors d’un épisode de grande consommation qu’il a «perdu le contrôle».

Après avoir plaidé coupable aux principaux chefs d’accusation, le père a reconnu avoir approché la résidence de la victime malgré une interdiction du tribunal.

Il s’est par ailleurs trouvé près d’un parc fréquenté par des enfants, ce qui était aussi proscrit par le tribunal. Il était à ce moment légèrement vêtu d’un short, torse nu, et en possession d’une vingtaine de speed.

Il a aussi admis avoir volé du miel dans un magasin Dollarama.

Les services judiciaires ont recommandé que l’accusé suive une ou plusieurs thérapies sexuelles et en toxicomanie.

La situation d’autorité paternelle, la nature et le contexte troublant pour un jeune enfant comptent parmi les facteurs aggravants.

Le père a plaidé coupable et fait des aveux complets. Il dit éprouver des remords, et s’est engagé à suivre des thérapies, ce qui, selon la défense, constitue les facteurs atténuants au dossier.

L’accusé sera inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité.

La mère et la fille n’auraient plus de contact avec le père. On ne peut nommer ce dernier puisque l’identité de la victime est protégée par une ordonnance de non-publication.