Un parti politique contre le développement urbain

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Des résidants de Chelsea songent à former un parti politique pour s'opposer à tout nouveau projet résidentiel à caractère urbain.
Des citoyens désirant conserver le caractère rural de leur municipalité tentent par tous les moyens de contrecarrer des projets résidentiels à moyenne ou haute densité.
Le feu vert donné aux 200 unités de logements du Domaine du Ruisseau Chelsea (Chelsea Creek) a été l'élément déclencheur de la création de Preservation Chelsea, un regroupement évalué à une cinquantaine de personnes, selon ses responsables.
Pour Preservation Chelsea, pas d'unité de condominiums comme prévu au Domaine du Ruisseau, ni d'immeuble à appartements. «Notre vision est de respecter le caractère rural de notre municipalité, explique son porte-parole, Geoff Bleich. Notre vision ne comprend pas ce type d'habitation.»
Le regroupement refuse l'augmentation des services municipaux comme l'aqueduc ou l'éclairage des rues.
«Ici, les gens sont responsables de leur eau et il n'y a pas de lumière dans les rues», rajoute M. Bleich, craintif face à la pollution lumineuse.
Statut quo
M. Bleich est donc prêt à mettre de côté l'accroissement de la population de Chelsea au profit de sa tranquillité.
«Quand on grandit (comme municipalité), les services - et les taxes - doivent augmenter. On veut faire un débat démocratique sur la question lors des prochaines élections», a-t-il précisé.
Si son parti ne voit pas le jour, M. Bleich prévoit quand même une coalition de candidats «ayant la même vision des choses» pour s'opposer au maire Jean Perras, accusé de ne pas écouter ses concitoyens.
«Ce n'est pas la première fois qu'on parle de la formation d'un parti politique à Chelsea. C'est leur choix», a réagit le maire actuel.
Contestation
Les opposants au Domaine du Ruisseau ont essuyé un revers, vendredi dernier, alors qu'ils se préparaient à ouvrir un registre municipal pour le tenue d'un référendum.
Le promoteur immobilier leur a coupé l'herbe sous le pied avec une pétition en défaveur de l'ouverture du registre.
«Le projet (de référendum) est annulé après réception d'une pétition-renversée comportant 41 signatures de résidants des zones visées. Le nombre de signatures représente plus de 50% des électeurs habiles à voter à ce registre», a confirmé en fin de semaine le directeur général et secrétaire-trésorier de Chelsea, Paul St-Louis.
M Bleich conteste aujourd'hui cette pétition devant le ministère des Affaires municipales et la municipalité de Chelsea. «Nous croyons que ces chiffres ne sont pas valides et que trois électeurs non éligibles ont signé la contre-pétition», lance-t-il.
«Nous nous sommes engagés à vérifier les noms des signataires», a mentionné le maire Perras.