Il n’y a pas si longtemps, le gouvernement voulait démolir les ruines du barrage des rapides Deschênes. Mais il a écouté la communauté sportive qui tient à ces vestiges de grande valeur.

Un parc d’eau vive de calibre mondial en gestation aux rapides Deschênes

EXCLUSIF / Gatineau pourrait devenir, d’ici quelques années, une destination de calibre national, voire international, pour les sports nautiques en eau vive.

Le Droit a appris que la Ville de Gatineau planifie actuellement l’aménagement d’un nouveau parc sur les berges de la rivière des Outaouais dans le secteur des rapides Deschênes, à Aylmer. Le projet développé en partenariat avec Tourisme Outaouais et Eau vive Québec, la fédération provinciale qui réglemente la pratique sportive et qui sanctionne les événements et compétitions liés au kayak, comprendrait les infrastructures nécessaires à la création d’un parc d’eau vive.

Le projet cherche notamment à inclure les ruines du barrage des rapides Deschênes, un site qui jouit déjà d’une réputation internationale dans le milieu du kayak d’eau vive en style libre. Le propriétaire des ruines, le ministère des Transports du Québec (MTQ), avait provoqué une véritable levée de boucliers, en 2017, en annonçant sa volonté de démolir ces vestiges pour des raisons de sécurité.

Interpellé par Le Droit, il y a deux ans, l’entraîneur de l’équipe du Québec en kayak de style libre, Patrick Lévesque, avait affirmé que la « Ruins Wave » comme on la surnomme dans le milieu, bénéficiait d’une réputation qui la précède. « Elle attire des adeptes de partout autour du globe, disait-il. Les meilleurs au monde en style libre ont tous essayé cette vague. Si tu veux passer au niveau professionnel dans cette discipline, tu n’as pas le choix de passer par cette vague-là. Tous les plus grands sont passés par chez vous pour cette vague. »

Analyse du MTQ

Selon nos informations, une étude de faisabilité a récemment été présentée au MTQ. La porte-parole de la direction régionale du ministère, Marie-Chantal Baguia, a précisé au Droit que la position de l’organisation quant à l’avenir des ruines du barrage des rapides Deschênes a évolué au fil des derniers mois. « Nous avions décidé de démanteler les vestiges, mais nous avons été à l’écoute de la communauté et des organisations sportives qui souhaitaient les conserver, a-t-elle affirmé. Le MTQ cherche présentement une solution sécuritaire pour maintenir les ruines en place. »

Ainsi, le MTQ a embauché la firme WSP pour l’aider à cheminer dans cette avenue. Un rapport présentant une option permettant l’utilisation sécuritaire des ruines vient d’être présenté à la direction régionale. « Le rapport n’est pas public encore puisque l’analyse n’est pas terminée, ajoute Mme Baguia. Il faut maintenant procéder à une analyse hydraulique et environnementale du site. » Le MTQ affirme n’avoir aucun échéancier précis dans ce dossier. Selon nos informations, des aspects légaux concernant notamment la propriété des ruines et leur utilisation sont actuellement analysés.

Site de compétitions

L’homme d’affaires et vice-président des Brasseurs du Temps, Marc Godin, s’est impliqué dès le départ dans le projet de parc d’eau vive aux rapides Deschênes. Il affirme que de nombreuses rencontres ont eu lieu au cours des derniers mois avec la fédération provinciale Eau vive Québec, Tourisme Outaouais, la Ville de Gatineau et les associations de résidents du secteur.

Ce dernier ne souhaite pas divulguer les détails du projet soumis au MTQ, mais il précise qu’il s’agirait d’une « infrastructure de loisirs urbains qui profiterait d’abord aux gens du quartier, mais qui permettrait aussi l’aménagement d’un parc d’eau vive de calibre national et qui pourrait éventuellement devenir un site de compétition capable de recevoir des compétitions de Coupe du monde ». L’aménagement d’un tel site nécessiterait, le temps des travaux, l’assèchement d’une partie de la rivière des Outaouais.

La directrice générale de Tourisme Outaouais, France Bélisle, estime qu’un projet de cette envergure deviendrait une excellente vitrine pour toute l’offre de sports nautiques en eau vive déjà présente dans la région. « On a plusieurs entreprises, notamment en rafting, qui bénéficie d’une clientèle internationale, note-t-elle. Une infrastructure de ce calibre en zone urbaine serait extraordinaire pour notre notoriété. »

Le futur parc des rapides Deschênes et l’étude de faisabilité pour un projet de site lié au kayak en collaboration avec Tourisme Outaouais et Eau vive Québec sont inscrits dans la première ébauche du plan de développement en plein air urbain de la Ville de Gatineau.