Barry Deschenes est propriétaire d’un refuge pour animaux sauvages à Aylmer.
Barry Deschenes est propriétaire d’un refuge pour animaux sauvages à Aylmer.

Un orphelinat pas comme les autres [VIDÉO]

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Des bruits étranges proviennent du grenier. Rien à voir avec une présence ésotérique. C’est simplement une famille de ratons laveurs qui s’y est installée.

Le premier réflexe, et sans doute le meilleur, est de faire appel à un exterminateur. Ce dernier veillera à capturer les locataires indésirables et à les relocaliser. Certains spécialistes se contenteront de fermer les accès au nid et de libérer les animaux un peu plus loin, alors que d’autres feront appel aux services d’un refuge spécialisé.

À Gatineau, il existe un endroit où ces animaux sauvages sont amenés après avoir été capturés en milieu urbain. Le Refuge sauvage BNC, situé dans le secteur Aylmer, accueille bon nombre de ces pensionnaires.

« On le fait parce qu’on adore les animaux et qu’on veut leur donner une chance de trouver un environnement qui leur est favorable, explique le copropriétaire du refuge, Barry Deschênes. Au bout d’une dizaine de jours, après s’être assuré que les animaux sont en santé, qu’ils ont retrouvé un certain calme et qu’ils ont engraissé, on les relâche. Nous avons plusieurs zones de remise en liberté, toutes situées à plus de 70 kilomètres du refuge. »

La petite entreprise familiale est gérée par Barry, son épouse Nathalie Éthier et leur fille Chayanna Deschênes, qui étudie en santé animale.

« Cette histoire a débuté il y a sept ans, alors que nous avions recueilli un bébé raton, explique Nathalie. Au fil du temps, nous avons augmenté le nombre d’animaux, construit des enclos et aujourd’hui, nous avons un refuge avec tous les permis requis délivrés par le ministère de Faune du Québec, ainsi que les permis fédéraux nécessaires. »

Depuis le 1er avril 2019, le Refuge sauvage BNC accueille une grande variété d’animaux sauvages.

« Depuis l’ouverture, nous avons, entre autres, recueilli un ourson, des chevreuils, des dizaines de ratons et de mouffettes et des écureuils, ajoute M. Deschênes. Nous travaillons en collaboration avec les ministères provinciaux et fédéral et on est sur le point de conclure une entente avec la CCN. Avant, on ne pouvait pas relâcher des animaux dans le parc de la Gatineau, surtout des chevreuils à cause de la Maladie débilitante des cervidés. Cette entente nous permettra d’avoir accès au parc. »

Barry Deschenes est propriétaire d’un refuge pour animaux sauvages à Aylmer.

Nouveaux locataires

Depuis quelques semaines, le nombre de ratons laveurs qui sont déposés au refuge par les exterminateurs professionnels est en hausse.

Mais aussi par des citoyens qui les ont capturés eux-mêmes, et pas toujours dans les bonnes conditions.

« Si on attrape une famille de ratons et qu’on blesse la mère, il se pourrait qu’elle ne puisse plus s’occuper de ses petits, déplore M. Deschênes. Ça arrive souvent qu’on reçoive des animaux blessés quand les gens les capturent eux-mêmes. Par contre, si on retient les services de professionnels, tout sera fait dans les règles. »

M. Deschênes s’attend à remplir quelques-uns de ses enclos avec des mouffettes au cours des prochains jours. « On arrive à l’époque où les mouffettes ont leurs petits, explique-t-il. Bon an, mal an, on en reçoit une douzaine, surtout des bébés. »

Pour ce qui est des plus grands animaux, comme les ours, les renards et même les coyotes, le propriétaire du refuge en reçoit sa part, mais il préfère les remettre à des spécialistes.

« Surtout pour les ours, je fais confiance à une dame du Pontiac qui les accueille, les soigne, les nourris et les relâche en pleine forêt, confie-t-il. Pour accueillir ce genre d’animaux, il faut construire des enclos très spécialisés et ça coûte très cher. »

Le mois dernier, M. Deschênes a recueilli un ourson qui, après une mauvaise rencontre avec un hérisson, a été délaissé par sa mère et recueilli par un fermier de la Petite-Nation. Barry et sa fille ont récupéré l’animal pour ensuite le confier aux soins du refuge du Pontiac.

Barry Deschênes

Des dons

Au cours de la dernière année, le Refuge sauvage BNC a recueilli une centaine d’animaux.

La famille Deschênes réussit à opérer grâce à des dons du public et de quelques exterminateurs qui y amènent des animaux.

Le Refuge sauvage BNC a même fait l’objet d’un épisode dans la série Sauvages et orphelins, présentée en mars à Canal Vie. Nathalie et Barry y racontent l’histoire du refuge et les défis qu’ils rencontrent.

Il est possible de visionner l’émission sur le site de Canal Vie.