Conservation de la nature Canada (CNC) a annoncé lundi avoir conclu une transaction de l'ordre de 7,5 millions de dollars lui permettant de mettre la main sur 6000 des quelque 26 000 hectares du domaine Kenauk.

Un nouvel espace protégé dans la Petite-Nation

Un corridor d'une superficie comparable à « 6000 terrains de football » et composé d'importants milieux humides abritant plus de 170 espèces de plantes et d'animaux sera désormais protégé au sein de la réserve naturelle Kenauk, dans la Petite-Nation.
Conservation de la nature Canada (CNC) a annoncé lundi avoir conclu une transaction de l'ordre de 7,5 millions de dollars lui permettant de mettre la main sur 6000 des quelque 26 000 hectares du domaine Kenauk. 
Cette annonce survient alors que l'organisme de protection de l'environnement faisait partie des partenaires impliqués dans l'achat de la réserve naturelle à la fin 2013, lorsque celle-ci est passée des mains d'Oxford Properties à un groupe d'hommes d'affaires qui comptait dans ses rangs l'ancien chef de la direction financière chez Google, Patrick Pichette.
Grâce notamment à une contribution de 3,3 millions de dollars du gouvernement fédéral, dans le cadre du Programme de conservation des zones naturelles, CNC peut maintenant garantir la sauvegarde « pour les générations futures » de cette forêt immaculée entres autres habitée par le loup de l'Est, une espèce considérée comme « préoccupante » en vertu de la Loi sur les espèces en péril au Canada.
L'ancien domaine seigneurial de Louis-Joseph-Papineau situé à Notre-Dame-de-Bonsecours, à un jet de pierre de Montebello, compte également sur ses terres le plus important peuplement d'érables noirs de la province du Québec. 
Le vice-président de CNC au Québec, Joël Bonin, a affirmé lors de l'annonce que la protection de ce site faisait partie d'une vaste stratégie d'adaptation face aux changements climatiques. Une importante partie du bassin versant de la rivière Saumon fait partie de l'aire protégée. 
« On va mieux comprendre l'importance de ce territoire en terme de dynamique. On pourra mieux mesurer les effets des changements climatiques grâce à ce bassin versant qui sera très peu perturbé dans le futur. On pourra comparer la capacité d'un système hydrologique à résister aux changements de climatiques », a souligné M. Bonin.
En plus de l'Institut Kenauk qui a vu le jour sur ces terres en 2015, des chercheurs de l'Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT) de l'Université du Québec en Outaouais se serviront des lieux en question comme d'un « immense laboratoire naturel de prédilection ».
Le directeur de l'ISFORT, Christian Messier, soutient qu'une analyse comparative entre les deux principaux types de coupes forestières utilisée dans l'industrie, soit la partielle et la totale, sera réalisée sur place.
« On veut essayer de comprendre le rôle de chaque type de coupe, pas seulement sur les arbres mais aussi sur les insectes, la faune, la flore, les animaux, les micro-organismes et la flore de sous-bois, pour arriver à conseiller une pratique qui optimisera tout ça. De plus en plus, on commence à voir la coupe forestière comme étant une intervention qui va accélérer l'adaptation des forêts aux changements climatiques en favorisant des espèces mieux adaptées à ces perturbations », a-t-il expliqué.
Plusieurs partenaires financiers étaient présents à la conférence de presse organisée à Montebello, dont le député fédéral de la circonscription d'Argenteuil-La Petite-Nation, Stéphane Lauzon. American Friends of the Nature Conservancy of Canada, Groupe Banque TD, US Fish and Wildlife Service, la Fondation ECHO et une cinquantaine donateurs individuels ont aussi contribué financièrement au projet de CNC.