Avec le nouveau partenariat, Héma-Québec croit qu’il y aura environ 900 donneurs potentiels de plus annuellement au Québec.

Un nouveau rôle pour les ambulanciers

Les ambulanciers paramédicaux joueront désormais un rôle de premier plan pour identifier des donneurs potentiels de tissus humains, comme des cornées et des valves cardiaques : Urgences-santé Québec et Héma-Québec ont annoncé mercredi faire équipe pour augmenter d’au moins 20 % les dons.

On parle ici de cornées, mais aussi d’os, de tendons, de peau et de valves cardiaques, qui pourront être greffées sur des patients qui en ont grand besoin.

Actuellement, le système mis en place permet de recommander quelque 4000 donneurs potentiels par année au Québec. Avec le nouveau partenariat, Héma-Québec croit qu’il y en aura environ 900 de plus.

Cela permet de combler un vide du système : soit tous les cas où les ambulanciers tentent de réanimer ou de sauver une personne, sans succès. La personne décédée n’étant pas emmenée à l’hôpital par la suite dans pareille situation, le personnel hospitalier ne peut référer le cas pour un don potentiel, comme il le fait si la personne décède dans son établissement : le processus est déjà bien rodé dans les hôpitaux et les bureaux du coroner qui identifient des donneurs potentiels.

« Les paramédics d’Urgences-santé vont devenir les yeux et les oreilles d’Héma-Québec sur les sites d’intervention dans des cas de décès récents », a expliqué Laurent Paul Ménard, porte-parole d’Héma-Québec.

Les ambulanciers sur place peuvent désormais enclencher le processus, et très rapidement. Des vérifications sont ensuite faites — par Héma-Québec et maintenant par Urgences-santé — pour valider si la personne a consenti au don d’organes et de tissus humains, et commencer les démarches auprès de la famille et des proches.

Avec un potentiel de 20 à 25 pour cent de donneurs supplémentaires, « ça a un impact énorme pour Héma-Québec », a indiqué M. Ménard.

Pour Angéline Desfossés qui a eu une greffe de cornée après avoir passé plus d’un an sur une liste d’attente, alors qu’elle pensait perdre la vue dans un œil, le partenariat est une excellente nouvelle :

« Il y a beaucoup de donneurs, mais jamais assez », souligne la femme qui explique que les tissus ne sont pas toujours compatibles et qu’il y a aussi des rejets.

« Si je n’avais pas eu ce donneur, qui est toujours avec moi, je n’aurais pas ce second regard sur la vie », confie-t-elle avec émotion. « Je remercie chaque jour ».

Il manque énormément de valves cardiaques pour des greffes au Québec. Héma-Québec a même dû en acheter l’an dernier des États-Unis. Et certains tissus prélevés n’ont pas une longue durée de vie : les cornées prélevées doivent être greffées dans un délai de sept jours, sinon, elles doivent être jetées.

D’où l’importance de bonifier la banque de tissus pour aider un maximum de personnes. Chaque donneur potentiel peut améliorer la vie de 20 personnes, souligne Héma-Québec.