Christian Messier, directeur de l’ISFORT.

Un nouveau labo à l’ISFORT

L’Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT) de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), dont les pénates sont installés à Ripon depuis 2012, s’attaquera de plein fouet aux problèmes des changements climatiques au cours des prochaines années.

En marge des célébrations du cinquième anniversaire de la mise sur pied de l’ISFORT, l’UQO a annoncé mardi qu’elle injectera 200 000 $ sur cinq ans afin de mettre sur pied le Centre de recherche sur l’adaptation aux changements globaux des forêts en milieux tempérés urbains, ruraux et forestiers.

Ce nouveau laboratoire aura pour mandat de trouver des solutions pour faire face aux défis écologiques, économiques et sociaux qu’engendreront dans le futur les changements climatiques. Les équipes de chercheurs se pencheront sur des projets en agroforesterie, en sylviculture d’adaptation et en foresterie urbaine. 

En matière de foresterie urbaine, l’objectif est littéralement de faire de l’institut une plaque tournante de la recherche scientifique dans le domaine à l’échelle nationale, affirme le directeur scientifique de l’ISFORT, le professeur Christian Messier.

« On veut devenir les experts canadiens en foresterie urbaine. Le but est d’aider les forêts urbaines à s’adapter aux changements globaux, que ce soit les changements climatiques ou l’arrivée d’espèces nuisibles ou envahissantes. On sait qu’il y aura de plus en plus de sécheresses et de plus en plus de vents violents. On veut savoir comment on doit aménager nos parcs et nos arbres en ville pour permettre une meilleure résilience face à ces problématiques », explique-t-il.

Par ailleurs, l’UQO a annoncé hier qu’une subvention d’un million de dollars sur deux ans avait été accordée à l’ISFORT par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec. Cette enveloppe découle d’une entente de service de recherche conclue avec le gouvernement et permettra le démarrage de projets de recherche à l’échelle de l’Outaouais et de la province dès l’été prochain.

Une partie de la subvention servira, entre autres, à l’étude des facteurs climatiques susceptibles de causer la mort des arbres en Outaouais. Un projet sur l’étude des érables à sucre de la province, lesquels pourraient être menacés de disparaître au fil des prochaines décennies, fera aussi partie du lot des dossiers qui se retrouveront sur la table de travail des scientifiques oeuvrant au sein du pavillon situé dans la Petite-Nation.

« Nous avons le longicorne asiatique qui est présent au nord des États-Unis qui attaque l’érable. On le contrôle en ce moment, mais s’il devenait épidémique comme l’agrile du frêne, on risquerait de perdre tous nos érables au Québec. C’est une vraie possibilité qu’on perde cette espèce d’arbres d’ici les cinquante prochaines années. L’idée, c’est de développer des pratiques qui vont nous immuniser contre des potentielles perturbations comme celle-là », précise le professeur Messier.

Depuis sa création il y a cinq ans, l’ISFORT a vu son équipe passer de quatre à 10 professeurs et compte à son bord plus de 40 étudiants de maîtrise et de doctorat ainsi que des stagiaires postdoctoraux.