Des enquêteurs à la résidence de la famille Filion, dans le secteur Aylmer, lors de l'intervention du 29 juin dernier. La maison, jugée insalubre, est maintenant condamnée à être rasée.
Des enquêteurs à la résidence de la famille Filion, dans le secteur Aylmer, lors de l'intervention du 29 juin dernier. La maison, jugée insalubre, est maintenant condamnée à être rasée.

Un mois de prison pour la famille Filion

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
La famille du secteur Aylmer accusée de mauvais traitement à l'endroit de 80 animaux entre 2006 et 2010 écope un mois de prison et une probation de 3 ans.
Le juge Gabriel Lassonde a promis aux Filion qu'ils auraient de « sérieux problèmes » s'ils étaient repris en possession d'animaux domestiques.
Les policiers ont déterré une quarantaine de carcasses de chiens dans leur terrain du 22, rue Roméo-Gendron, cet été. La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux de l'Outaouais a dû mettre fin aux souffrances de 40 autres bêtes vivant chez les Filion, depuis 2006.
Leur maison insalubre est aujourd'hui condamnée à la destruction.
Un cas spécial
La mère, Madeleine, a versé des larmes lors du prononcé de la sentence. Ses deux enfants, Louise et Jacques, devront eux aussi demeurer en prison pour les trois prochaines semaines, étant donné les neuf derniers jours passés en détention préventive. « La mère est spéciale, indique l'avocat de deux des accusés, Jacques Belley. Elle couve ses enfants (37 ans et 43 ans) comme une mère poule. C'est carrément exagéré. »
« C'est dommage que ça prenne les services judiciaires pour réveiller le monde sur ces affaires-là », poursuit Me Belley.
De son côté, la Couronne soutient que la famille n'a jamais accepté l'aide des policiers et des services sociaux, qui tentent de les convaincre depuis des années.
Deuxième évacuation
L'emprisonnement « donnera le temps aux services sociaux de s'organiser », comprend Me Belley. La famille n'a plus de toit, depuis leur évacuation forcée du 22, rue Roméo-Gendron, puis de leur petit appartement, à la fin du mois d'octobre.
Des paramédics ont découvert quatre chats dans l'appartement, ce qui contrevenait à leur interdiction de posséder des animaux, leur donnant ainsi leur passeport pour un séjour en détention.
La procureure de la Couronne, Me Isabelle Michaud, s'est dite satisfaite de la sentence, malgré sa proposition d'une sentence de 5 mois de détention, étant donné les récidives des dernières années. « Nous avons la perception que ces gens savaient ce qu'ils faisaient. »
Le juge Lassonde a soulevé « la misère humaine [...] et des gens pas favorisées par la vie, des gens qui ne peuvent presque pas lire ».
« Mais la cour doit imposer une peine de détention parce qu'ils ne comprennent pas les ordonnances de la cour de ne pas avoir d'animaux », a-t-il rajouté.
Le juge ne peut, dans sa sentence, les obliger à accepter l'aide que l'État leur offre. « Je suis sûr qu'ils ont besoin de soins », poursuit le magistrat.
« Vous devez comprendre que si vous avez d'autres animaux, vous aurez de sérieux problèmes, a indiqué le juge aux accusés. Prenez l'aide pour vous en sortir. »
La mère a juré qu'elle n'aurait « plus jamais » d'animaux.