«Ce n'est pas seulement aux personnes sourdes de faire un effort pour se faire comprendre, mais les personnes qui entendent doivent aussi essayer de nous comprendre», affirme Diane Blondin-Canuel.
«Ce n'est pas seulement aux personnes sourdes de faire un effort pour se faire comprendre, mais les personnes qui entendent doivent aussi essayer de nous comprendre», affirme Diane Blondin-Canuel.

Un livre pour mieux comprendre les sourds

Charles Thériault
Charles Thériault
Le Droit
Les sourds et les malentendants sont de plus en plus nombreux dans la société, mais la majeure partie de la population sait peu de choses sur ce handicap. C'est la raison pour laquelle l'Association de l'Ouïe de l'Outaouais (ADOO) a lancé, hier, le livre Vivre parmi les malentendants.
L'ouvrage écrit conjointement par des personnes sourdes ou malentendantes et d'autres qui entendent très bien s'adresse à la population en général et il renferme des témoignages sur le vécu de ces personnes affectées par des problèmes d'audition.
Lors de la présentation du livre, hier, Diane Blondin-Canuel a expliqué que les problèmes de surdité sont de plus en plus présents dans la société québécoise. «Avec le vieillissement de la population et la popularité de tous ces appareils qu'on se met dans les oreilles pour écouter de la musique trop forte, le pourcentage de gens souffrant de surdité grimpera et il est important de mieux connaître la réalité des gens qui ont des problèmes auditifs», a-t-elle expliqué.
Mme Blondin-Canuel a déploré que les personnes sourdes ou malentendantes soient encore victimes de préjugés. «Avec ce livre, j'espère que les gens comprendront que nous vivons souvent des frustrations. Ce livre me permet de partager, un peu, mon vécu. Je voulais aussi montrer que ce n'est pas seulement aux personnes sourdes de faire un effort pour se faire comprendre, mais que les personnes qui entendent doivent aussi essayer de nous comprendre. Souvent, on ne nous explique pas tout ce qui a été dit et on se contente de nous faire un petit résumé et, alors, il nous manque une partie de l'information qui a été transmise», a déclaré Mme Blondin.
Le livre contient le témoignage de Yvon Larrivé, un travailleur social qui s'occupe des sourds. Son père et sa mère étaient tous deux sourds, mais lui-même a une très bonne ouïe. «Ma langue maternelle n'est pas le français, mais bien le Langage des signes du Québec (LSQ) par lequel les personnes sourdes peuvent communiquer. Mon père pouvait parler, mais pas ma mère. Ça ne m'a pas causé de retard de langage, mais j'avais un peu de difficultés en écriture, car le LSQ ne correspondait pas vraiment à la langue française, alors j'ai dû m'adapter», a raconté M. Larrivé.
Vivre parmi les sourds est disponible auprès de l'ADOO, que l'on peut joindre au numéro: 819-770-9653.
Ctheriault@ledroit.com