Stéphane Léopold Lévesque a demandé de l’aide au Centre de ressources pour hommes Drummond, à Drummondville. «Ils m’ont donné la force de m’en sortir», dit-il.

Un homme victime de «harcèlement psychologique grave»

Après sa séparation, Stéphane Léopold Lévesque a été menacé et harcelé par son ex-femme, qui l’a bombardé de textos même s’il ne voulait plus rien savoir d’elle.

Lundi, au palais de justice de Drummondville, M. Lévesque attendait de connaître la sentence contre son ancienne conjointe et mère de ses trois enfants, Isabelle St-Louis, déclarée coupable, en septembre, de harcèlement criminel et d’avoir proféré des menaces contre lui. 

La sentence a été reportée en janvier. Mais Stéphane Léopold Lévesque espère que sa cause va inciter d’autres hommes victimes de violence psychologique ou physique à demander de l’aide et à porter plainte à la police. 

«La violence, ça n’a pas de sexe», a-t-il dit au Soleil, lors d’une récente entrevue. «Il y a beaucoup d’hommes qui ont été victimes et qui n’osent pas dénoncer». 

Le 17 septembre, au palais de justice de Drummondville, la juge Marie-Josée Ménard avait décrit l’ampleur du harcèlement «psychologique grave, continu et répété» subi par M. Lévesque. 

Entre le 28 juillet et le 22 septembre 2016, Isabelle St-Louis a notamment reproché à son ancien conjoint d’avoir abandonné sa famille, lui a signifié qu’elle ne passerait pas à travers la séparation, lui a envoyé des photos d’elle en robe de mariage et l’a invité à renouveler leurs vœux de mariage.

«L’accusée ne comprend pas les signes clairs du plaignant qui lui indiquent tout simplement qu’il a la ferme intention de tourner la page et de passer à autre chose», a souligné la juge Ménard. 

Isabelle St-Louis a même continué «son manège malgré une invitation ferme du policier à couper le contact avec le plaignant», a précisé la juge. 

Stéphane Léopold Lévesque affirme avoir reçu de son ex-femme environ 1500 textos et courriels en deux mois. 

La force de s’en sortir

Lundi, Le Soleil révélait les résultats d’un sondage commandé par le Regroupement provincial en santé et bien-être des hommes qui montre que près d’un quart des hommes (22 %) rapportent une détresse psychologique. L’étude, supervisée par un comité scientifique de chercheurs de l’UQAM, de l’Université Laval et de l’UQAR, montre aussi que seulement 10 % des hommes ont consulté un intervenant psychosocial au cours des 12 derniers mois.

M. Lévesque, qui affirme avoir été victime de violence conjugale durant de nombreuses années, a lui-même attendu très longtemps avant de demander l’aide. Il l’a finalement fait au Centre de ressources pour hommes Drummond, à Drummondville. «Ils m’ont donné la force de m’en sortir», dit-il.

En septembre, la juge Marie-Josée Ménard avait d’ailleurs souligné son courage d’avoir porté plainte à la police et d’avoir témoigné en cour. 

«Il est vrai que la réalité d’une victime masculine de violence conjugale au sein d’un couple hétérosexuel est peut-être moins dénoncée aux autorités, a-t-elle dit. Mais il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une réalité qui est souvent vécue avec souffrance et honte. Les ressources d’aide sont plus rares et les acteurs sont souvent mal outillés. [...] Il a fallu beaucoup de courage pour le plaignant de porter plainte et de témoigner. Le tribunal tient à le souligner.»