Le nouvel équipement obligatoire comprend un bâton télescopique, du gaz poivré et un gilet pare-balles.

Un groupe s’oppose à l’équipement des agents dans les centres de détention

Un regroupement de médecins, d’avocats, de professeurs de droit et d’organisations de défense des droits de la personne exhorte le gouvernement fédéral à suspendre une nouvelle politique de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) qui va obliger ses agents à porter de l’équipement de protection lorsqu’ils seront en contact avec des demandeurs d’asile en détention.

Il s’agit de la troisième requête de ce groupe auprès du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, à qui ils demandent d’annuler la politique qui doit être appliquée dès lundi dans un premier centre de détention de demandeurs d’asile situé à Toronto.

Selon ces opposants, qui comptent plusieurs experts en droit, cette politique exigeant que les agents de l’ASFC portent de l’équipement de protection dans leurs interactions avec des demandeurs d’asile en détention contrevient aux normes internationales, selon lesquelles ces personnes ne devraient pas être retenues dans des conditions comparables à celles d’une prison.

L’ASFC a adopté l’an dernier ces nouvelles règles concernant l’uniforme de ses agents à la suite du transfert de certains immigrants détenus qu’elle jugeait «à risque plus élevé». Ceux-ci étaient préalablement retenus dans une prison provinciale pour des raisons de sécurité et ont été transférés dans l’un des trois centres de détention de l’agence.

Le nouvel équipement obligatoire comprend un bâton télescopique, du gaz poivré et un gilet pare-balles.

L’avocat Anthony Navaneelan, de l’Association canadienne des avocats et avocates en droit des réfugiés, mentionne que ces détenus sont bien souvent des personnes vulnérables qui cherchent un refuge, dont des enfants, qui sont généralement détenues pour des raisons administratives. Ces gens ne devraient donc pas être criminalisés, souligne-t-il.