David Richard, directeur de la station Télévision Rogers, Jean-Marc Charron, conseiller publicitaire au Droit, Ginette Gratton, animatrice à la Télévision Rogers et Pierre Jury, éditorialiste au Droit, lors du lancement du documentaire.
David Richard, directeur de la station Télévision Rogers, Jean-Marc Charron, conseiller publicitaire au Droit, Ginette Gratton, animatrice à la Télévision Rogers et Pierre Jury, éditorialiste au Droit, lors du lancement du documentaire.

Un documentaire sur les 100 ans du Droit

Charles Thériault
Charles Thériault
Le Droit
LeDroit a été mêlé de près à toutes les luttes des Franco-ontariens depuis sa fondation, en 1913.
C'est ce que veut démontrer le documentaire «100 ans de lutte au quotidien», qui sera présenté sur les ondes de la télévision Rogers, (câble 23), à 20h, demain, jour du centième anniversaire du Droit. Le film d'une durée d'une heure et quart est une réalisation de l'animatrice Ginette Gratton, qui a interviewé des anciens journalistes et dirigeants du Droit, ainsi que plusieurs de ses artisans actuels et des gens qui ont vécu de près les luttes des francophones.
Dès le début du film, on entre dans le contexte de la fin du 19esiècle où l'augmentation fulgurante du nombre de francophones en Ontario fait augmenter les tensions entre la communauté anglophone dominante et les Canadiens français. Étant de plus en plus nombreux, les francophones prennent plus de place et demandent des services dans leur langue. Dans le film, l'historien Yves Fréchette rappelle qu'il y avait 200000 francophones en Ontario en 1910 et que leur nombre devenait inquiétant pour certains anglophones. C'est à cette époque qu'a été adopté, à Queen's Park, le fameux Règlement XVII qui avait pour but d'éliminer l'enseignement en français.
En réaction à ce Règlement, les francophones se sont unis pour fonder un journal de combat qui s'est appelé LeDroit. Les débuts furent difficiles, comme le rappelle l'ancien journaliste André Guibord, dont l'arrière-grand-père, Onésime, fut l'un des fondateurs du journal. Onésime Guibord a même hypothéqué tous ses avoirs pour amasser la somme de 20000$ nécessaire au financement du journal à ses débuts.
Le documentaire rappelle aussi le style très combatif du Père Charles Charlebois, qui a tenu la barre du Droit durant plusieurs années. Par la suite, la communauté francophone de l'Ontario a poursuivi son évolution et continué à réclamer le respect de ses droits avec, comme témoin, le journal LeDroit. Parmi les événements marquants, on rappelle le déchirement des Canadiens français lors des États généraux du Canada français, à la fin des années 1960. Rabroués par les indépendantistes québécois, les francophones de l'Ontario ont été obligés de se redéfinir en tant que Franco-Ontariens alors qu'ils avaient la conviction de faire partie d'un ensemble plus vaste.
Le film fait d'ailleurs un portrait complet de l'histoire des francophones avant de revenir plus spécifiquement à la participation du Droit à certains événements marquants dont le point culminant a été, bien sûr, la lutte pour la sauvegarde de l'Hôpital Montfort, en 1997.
À ce moment critique de l'histoire franco-ontarienne, LeDroit ne pouvait pas se contenter d'être un simple spectateur, explique l'ancien éditeur du journal, Pierre Bergeron, dans le documentaire. Le quotidien s'est donc lancé à pleine vapeur dans l'action avec un titre sans équivoque «SOS Montfort» qui est devenu le nom du mouvement de résistance. «SOS Montfort» a finalement gagné sa cause et le seul hôpital francophone de l'Ontario est plus vivant que jamais.