Plusieurs personnes ont tenu à assister vendredi à la cérémonie célébrant la vie d'Adrien Cantin.

Un dernier salut à Adrien Cantin

La famille et les amis d'Adrien Cantin ont salué la passion qu'avait ce dernier envers le journalisme et la défense et la promotion de la francophonie ontarienne lors d'une cérémonie célébrant sa vie, vendredi, à Ottawa.
Plus d'une centaine de personnes ont tenu à participer à l'événement et à dire un dernier au revoir à M. Cantin, décédé à l'âge de 68 ans la semaine dernière d'un double cancer des poumons et de la gorge.
Son fils, Robin, a parlé de son père comme d'un homme aux opinions fortes qu'il n'hésitait pas à exprimer avec éloquence. Il s'était fait plus réservé dans les dernières années de sa vie, a cependant noté Robin.
« Il me confiait l'automne dernier qu'il était temps que les générations plus jeunes prennent le relais en Ontario français et que les vieux comme lui, ce sont ses mots, restent en retrait. Je ne suis pas d'accord », a indiqué Robin, ajoutant que son père était constamment à la recherche de la vérité.
« Adrien savait être en désaccord avec quelqu'un, sans pour autant s'en faire un ennemi. Il avait toujours le bien de sa communauté en tête », a-t-il souligné.
Son autre fils, Benjamin, a raconté comment son père aimait fréquenter certains bars de coin de rue, à Hull, à la recherche d'une bonne histoire.
« Mon père avait un talent pour jaser avec des étrangers. Il était un expert. Il se rapprochait de n'importe qui, même de gangsters mineurs dans un bar de mauvaise réputation, qui n'existe plus. C'était comme ça qu'il trouvait de bonnes histoires, en conversant avec la communauté », a expliqué Benjamin, précisant qu'Adrien aimait bien faire le récit de ses expériences journalistiques avec sa famille, le dimanche soir, en soupant, avec un verre de Scotch pas très loin.
« Je crois que la détermination, le devoir envers la communauté et l'amour pour les autres sont les principes avec lesquels il a écrit, avec lesquels il a vécu », a ajouté Benjamin.
Adrien Cantin était issu d'une famille de 11 enfants. Marie-Rose, soeur d'Adrien, a précisé que ce dernier avait un sens aigu de la famille.
« Nos disputes d'un instant, nos fous rires et nos bêtises ont su tisser des liens très solides entre nous. Nous avons grandi ensemble, et étions avides de connaître la vie », a-t-elle résumé.
L'ancien président-éditeur du quotidien Le Droit, Pierre Bergeron, qui a côtoyé longtemps Adrien Cantin, a rappelé qu'Adrien a touché à toutes les tribunes journalistiques à l'écrit et à la télévision comme journaliste, chroniqueur, éditorialiste et animateur.
« Comme ses prédécesseurs, Adrien a contribué, par sa plume lucide et éclairante, à bâtir l'histoire de la grande communauté franco-ontarienne. Il la connaissait mieux que quiconque, du lointain nord de ses origines, à Hearst, en passant par l'Est ontarien et l'Outaouais, jusque dans la Ville Reine et le Sud-Ouest de l'Ontario », a-t-il notamment signalé. 
Adrien Cantin a fait carrière dans les médias pendant plus de 40 ans, presque exclusivement en Ontario français. Il commencé à travailler au Droit en 1980. Il a y a fait plusieurs passages au fil des ans puisqu'il a aussi oeuvré à Radio-Canada et à TFO où il a été à la barre de l'émission Panorama
M. Cantin est aussi connu comme auteur de biographies et professeur à La Cité.