Un contrat conclu sans appel d'offres par le CISSSO pour des prises de sang soulève du mécontentement dans la région.
Un contrat conclu sans appel d'offres par le CISSSO pour des prises de sang soulève du mécontentement dans la région.

Un contrat du CISSSO soulève des questions

Le Droit
Un contrat de 3 millions octroyé sans appel d’offres par le CISSSO pour améliorer l’accès aux prises de sang en Outaouais soulève la grogne.

Prétextant l’urgence sanitaire, le CISSSO a signé un contrat de gré à gré avec Services de santé Marleen Tassé, le 17 septembre dernier, afin de répondre à la hausse des demandes de prélèvement.

Or, plusieurs pharmacies et entreprises privées de la région auraient pu offrir le même service à une fraction du coût, affirme Frédérick Ballard, administrateur d’un groupe de pharmaciens affiliés au groupe Proxim à Gatineau.

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En vertu du contrat octroyé par le CISSSO, chaque prélèvement sanguin coûterait 143 $ pièce, estime-t-il. Or, plusieurs pharmacies et entreprises privées de l’Outaouais offrent une prise de sang pour un prix de 20 à 40 $.

«Le contrat actuel est tellement exorbitant qu’il en coûtera plus aux contribuables pour avoir un prélèvement sanguin que si ce même patient était vu par deux médecins en même temps», calcule M. Ballard.

En vertu du contrat avec le CISSSO, la compagnie Services de santé Marleen Tassé pourra également faire analyser ses échantillons dans les laboratoires du CISSSO. Un privilège que lui jalouse bien des acteurs de l’industrie.

Depuis plusieurs années, des pharmacies et des infirmières qui font des prises de sang à leur compte se font refuser l’accès aux laboratoires publics sous prétexte qu’ils sont débordés. Ils doivent faire analyser leurs échantillons au privé, ce qui coûte plus cher à leurs clients.

«Une entente de la sorte est aberrante, immorale», insiste M. Ballard qui juge que les mêmes règles devraient s’appliquer pour tous.

Il n’avale pas non plus l’urgence sanitaire invoquée par le CISSSO pour octroyer le fameux contrat sans appel d’offres. 

«Le problème d’accès (à des prélèvements) ne vient pas d’apparaître comme par magie. Il est dénoncé depuis des années sans que rien ne soit fait», martèle-t-il.

Le CISSSO a indiqué qu'il va réagir lundi.