Un commissaire d'école retire sa fille

Un commissaire d'école de Gatineau retire sa fille de troisième année du cours d'éthique et de culture religieuse imposé par le gouvernement du Québec, malgré le refus de sa propre commission scolaire d'octroyer le droit de retrait aux parents d'enfants du même cours, plus tôt cette année.
Michel Choquette et sa femme, Céline Rochon, veulent aller jusqu'au bout pour ne pas que leur fille se voit imposer un tel cours.
« Pour ma part, ce n'est pas le cours en tant que tel, mais bien son imposition, explique celui qui siège à la Commission scolaire des Draveurs (CSD). Que ce soit la laïcité complète ou le libre choix de l'enseignement religieux, d'accord. Mais ce cours est une vision développée par un gouvernement. On l'impose non pas à des adultes mais à des enfants. »
M. Choquette appuie sa femme qui a eu la première cette idée de retirer leur fille pendant les heures de classe dédiées à ce cours. « Chez nous, c'est ma femme qui fait l'éducation religieuse. La religion, c'est à elle de l'enseigner », explique M. Choquette.
Jusqu'ici, l'école semble collaborer avec le couple. « Nous nous sommes entendus avec l'école pour qu'elle ne soit pas confrontée publiquement avec cette décision », résume le commissaire.
« Ligne distincte »
Les cas de parents retirant leur enfant du cours d'éthique et de culture religieuse sont rares. La chose l'est encore plus lorsqu'il s'agit d'un commissaire d'école.
« Je demeure parent même si je suis commissaire. C'est une décision longuement réfléchie. Je dresse une ligne distincte entre mes décisions personnelles et celles que je prends à titre de commissaire », explique-t-il.
En août dernier, M. Choquette avait appuyé un groupe de parents ayant fait la demande auprès de la CSD de retirer leur enfant du cours controversé. Le conseil des commissaires, sur lequel siège M. Choquette, avait rejeté la demande de façon très majoritaire. Seul M. Choquette avait accepté l'appel des parents.
Le 25 août dernier, le conseil des commissaires de la CSD avait noté que les élèves concernés « avaient beaucoup à retirer — comme tous les élèves du Québec — du cours d'éthique et culture religieuse et que les motifs formulés par les parents [...] ne démontraient pas que leur enfant subirait un préjudice grave tel que décrit dans l'article 222 de la Loi sur l'instruction publique ».
Pour M. Choquette, cette imposition revient à la même chose que l'obligation de suivre les cours de catéchisme dans les années 1950. « C'est la même chose, mais à l'envers, dit-il. Le droit de décider revient au parent et non au gouvernement. Ce n'est pas à lui de dire que le père Noël n'existe pas », a lancé, mi-blagueur, le commissaire.
M. Choquette croit tout de même que ce cours peut être utile à des adolescents, « parce que, pour eux, il est temps de voir autre chose, ce qui se passe ailleurs ».