Thomas Labonté est autiste et fréquente une classe spécialisée de l’école secondaire de Neufchâtel. Depuis 2013, il possède un chien Mira, qui l’aide à gérer son anxiété et à faire ses déplacements seul.

Un chien Mira au cœur d’une bataille judiciaire

Un père de famille poursuit la commission scolaire de la Capitale parce qu’elle empêche son fils de 14 ans de fréquenter l’école en compagnie de son chien d’assistance Mira. La Fondation Mira l’appuie et estime que les écoles ne peuvent entraver ce droit fondamental.

Thomas Labonté est autiste et fréquente une classe spécialisée de l’école secondaire de Neufchâtel. Depuis 2013, il possède un chien Mira, qui l’aide à gérer son anxiété et à faire ses déplacements seul. «C’est une forme de sécurité pour lui. Les grandes foules, ça le stresse et le chien l’aide dans ses rapports sociaux», explique son père Michel Labonté.

Pour faire accepter le chien de son fils à l’école, M. Labonté s’y est pris à l’avance et a déposé une demande d’accommodement en février dernier, six mois avant la rentrée scolaire. Depuis, la commission scolaire n’aurait pas cessé de rajouter des conditions et de demander des documents supplémentaires à la famille. «Ça fait plusieurs mois que ça traîne. À un moment donné, ça n’a pas de bon sens!» lance M. Labonté. 

Selon la demande d’injonction déposée cette semaine au palais de justice de Québec, la commission scolaire aurait demandé aux parents un plan de déplacement de l’animal dans l’école et une preuve d’assurance responsabilité. Elle aurait aussi invoqué la nécessité de faire passer des tests d’allergie, afin de «prévenir des réactions allergiques potentielles chez les autres élèves de la classe». 

«Je trouve ça un peu ridicule qu’on en soit là, parce qu’en droit, c’est très clairement établi. Avec un chien Mira, tu es supposé être accepté partout», commente Me Christian Lajoie, l’avocat de la famille. Selon lui, il est «déraisonnable» qu’un chien Mira puisse être admis dans un hôpital ou un centre commercial, mais pas dans une école. 

L’avocat, qui représente la même famille dans une autre cause contre la commission scolaire de la Capitale, demande une intégration immédiate du chien à l’école et des dommages et intérêts de 75 000 $. La commission scolaire de la Capitale a choisi de ne pas faire de commentaires dans ce dossier, en raison du processus judiciaire. 

Inégal

«Il y a des endroits où on est accueillis les bras ouverts, alors qu’ailleurs ça bloque. C’est vraiment inégal d’une école à l’autre», commente Noël Champagne, psychologue et directeur de la recherche et du développement chez Mira. M. Champagne est celui qui a créé le programme de chiens d’assistance pour les autistes, en vigueur depuis 2003 chez Mira. À l’heure actuelle, la demande est tellement grande que la Fondation Mira fournit environ 100 chiens par année à des familles dont un membre est atteint du trouble du spectre de l’autisme. 

M. Champagne souhaite que les écoles comprennent à quel point les chiens Mira aident ces enfants à faire moins de crises et à mieux se développer. Bloquer un chien Mira à la porte d’une école va à l’encontre de la Charte québécoise des droits et libertés et discrimine l’enfant, selon M. Champagne. Chaque fois qu’un chien Mira entre dans une école, la Fondation donne une formation de deux jours à l’élève sur la façon d’agir en contexte scolaire et se rend dans l’école pour expliquer la situation aux autres élèves.

Pour ce qui est des allergies potentielles des autres élèves au chien, M. Champagne croit que cette raison ne tient pas la route. «Ce n’est pas comme une allergie aux arachides! Je suis certain que dans chaque école, on peut trouver une solution pour ça», exprime-t-il. 

En septembre, une mère de famille de Repentigny est sortie dans les médias pour dénoncer le même type de situation. L’école secondaire de sa fille autiste de 14 ans refusait d’admettre le chien à l’intérieur de ses murs. M. Champagne indique que la Fondation Mira a aussi beaucoup de difficulté avec certaines garderies, qui refusent qu’un parent vienne reconduire son enfant accompagné de son chien Mira.