L'Outaouais compte environ 5000 salariés et 1100 employeurs oeuvrant dans le domaine de la construction.
L'Outaouais compte environ 5000 salariés et 1100 employeurs oeuvrant dans le domaine de la construction.

Un chantier rouvrira à Gatineau

Guillaume St-Pierre
Guillaume St-Pierre
Le Droit
Le conflit de travail dans le secteur de la construction s'envenime. En réponse à l'« intimidation » dont auraient été victimes certains travailleurs prêts à franchir les piquets de grève, des employeurs ont obtenu des injonctions de la cour afin de pouvoir rouvrir leurs chantiers.
Les injonctions, qui touchent Trois-Rivières, Québec et Gatineau, ont été émises par la Cour supérieure du Québec vendredi dernier, à la grande satisfaction du dg de l'Association provinciale des constructeurs d'habitations (APCHQ), région de l'Outaouais, Benoît Mottard.
« Les entrepreneurs et les salariés qui veulent travailler en toute quiétude peuvent le faire », affirme M. Mottard.
Pour qu'une injonction soit accordée, des gestes illégaux doivent être rapportés, souligne-t-il. « On ne décide pas de se lever un matin et décider de faire des injonctions s'il n'y a pas de comportements illégaux, comme de la menace ou de l'intimidation. »
L'ordre de la cour touche l'entreprise Construction DanMar et sa cinquantaine d'employés.
L'Outaouais compte environ 5000 salariés et 1100 employeurs oeuvrant dans le domaine de la construction. « On s'est servi de cette entreprise pour démontrer à la population que les syndicats qui ferment les chantiers n'ont pas le droit de le faire », ajoute-t-il.
Pas de craintes de violence
M. Mottard ne craint pas des débordements en réponse à la judiciarisation du conflit, un peu comme on a pu le voir durant la crise étudiante le printemps dernier. « Durant la crise étudiante, on était dans un chaos social. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Je pense que les syndicats vont abdiquer. »
« J'appelle à la responsabilité syndicale et j'espère que le mot d'ordre qui a été donné par le juge va être suivi à la lettre. Sinon il peut y avoir des peines très sévères et ça peut même aller jusqu'à l'emprisonnement. »
Si les demandes d'injonctions se répandent auprès d'autres entreprises de l'Outaouais, une injonction régionale pourrait être demandée, soutient la partie patronale.
Alors que le conflit entreprend sa deuxième semaine, la grève dans les secteurs du génie civil et de la voirie est maintenant chose du passé.
C'est toujours l'impasse dans les secteurs de la construction industrielle, commerciale, institutionnelle et résidentielle. « Ce qui est dommage, c'est que nous sommes prêts d'une entente dans le secteur résidentiel, mais il est pris en otage par le secteur commercial », prétend-il.