Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, n’a pas attendu longtemps après l’élection pour se mettre au travail.

Un changement en prépare un autre

ANALYSE / Des façons de faire enracinées depuis longtemps à Gatineau sont en train de voler en éclats en ce début de deuxième mandat de l’administration Pedneaud-Jobin.

Le maire n’a pas attendu longtemps pour se mettre à l’œuvre. Le soir de son élection, il a préféré demeurer avec ses partisans réunis aux Brasseurs du Temps (BDT) plutôt que de se rendre à la Maison du citoyen comme c’était la coutume depuis des années. Ce que certains ont jugé être un fâcheux accroc au protocole paraît déjà bien loin aujourd’hui. 

La semaine qui vient de passer a donné lieu, à elle seule, à des ruptures avec d’anciennes habitudes qui auront une bien plus grande incidence sur la vie politique gatinoise que le soir où le maire a décidé de prolonger sa soirée dans une microbrasserie gatinoise. 

Les nominations aux différents postes dans les comités et commissions, mardi, réservaient plusieurs surprises en la matière. D’abord, il ne faudra rien de moins qu’un changement à la Charte de la Ville de Gatineau pour que le maire puisse mettre en place une partie importante de sa stratégie en nommant Gilles Carpentier au poste de président du comité exécutif. La réglementation actuelle prévoit que le maire agit d’office comme président du conseil. Ce ne sera plus le cas. Il a même annoncé qu’il reviendra dorénavant à M. Carpentier de répondre aux questions de la presse concernant les dossiers traités publiquement, les mercredis, par le comité exécutif. 

Aussi, il n’est pas coutume pour un maire de réserver à un adversaire convaincu la tâche de le représenter en son absence. C’est pourtant ce que M. Pedneaud-Jobin a fait en nommant, à la surprise générale, Louise Boudrias comme mairesse suppléante.

D’autres changements, dont les impacts ne tarderont pas à se faire sentir, ont aussi été annoncés par le maire cette semaine. Il a l’intention, dès janvier, de donner des « lettres de mandat » aux différents présidents des comités et commissions. Elles renfermeront les objectifs à atteindre en lien avec le programme du conseil pour chacune des instances et leurs présidents. Ces derniers devront même faire un bilan de l’avancement des travaux à mi-mandat. Du jamais vu à Gatineau.

Des décisions importantes ont été prises lors du dernier mandat pour changer le rôle, la composition et les façons de fonctionner des comités et commissions politiques de la Ville. Ces changements sont en filigrane de plusieurs autres mouvements stratégiques effectués par le maire. 

Celui qui sera le premier appelé à travailler avec ce nouveau modèle de gouvernance est Cédric Tessier. Le conseiller du centre-ville vient d’accéder au comité exécutif avec un mandat qui ressemble en tout point à celui de leader parlementaire. Une autre nouveauté. Il sera responsable de la livraison du programme et d’arrimer les travaux des différentes instances politiques de la Ville. 

Le budget, une première occasion

L’étude du budget 2018 qui s’amorce lundi sera aussi une occasion pour le maire, son conseil et le comité exécutif de s’inscrire dans la nouveauté. La journée de jeudi s’annonce particulièrement intéressante. Elle pourrait donner un avant-goût de la façon dont les dossiers politiques seront désormais débattus à la table du conseil municipal. 

Il faut s’attendre à voir l’administration municipale prendre un peu moins de place dans les discussions autour de la table du conseil au cours du prochain mandat. Un peu comme c’est le cas à la Ville d’Ottawa, les fonctionnaires continueront d’apporter des faits et des éléments techniques, et feront leurs recommandations aux élus, mais il reviendra dorénavant aux présidents et aux membres élus des comités et commissions de défendre devant le conseil les dossiers qui auront préalablement cheminé au sein de leur instance respective.

Le comité exécutif sera le premier à tester cette nouvelle façon de faire la semaine prochaine. Il est prévu que la proposition budgétaire finale qui sera faite au conseil, jeudi, après une semaine de débat, soit déposée et défendue unanimement par les membres de l’exécutif. Ce sont eux qui devront aller au bâton, jeudi, quand s’amorcera la série de votes indicatifs sur les grands thèmes budgétaires.

Bonifications de services

Et que contiendra-t-il ce budget ? Une hausse des taxes, assurément. De combien ? Le cadre financier d’Action Gatineau prévoit une augmentation de 2,9 %, incluant la taxe dédiée aux infrastructures. Les Gatinois auront une bonne idée de ce qui les attend à ce chapitre dès lundi lors de la présentation des faits saillants du budget 2018. 

Le maire Pedneaud-Jobin a indiqué cette semaine qu’il n’allait pas tenter d’imposer tout son programme d’un coup dès ce premier budget, mais qu’il allait en extraire des éléments qu’il pense pouvoir faire adopter. Ce dernier s’est présenté comme le candidat des services à la personne lors de la dernière campagne électorale. Il aura certainement quelques bonifications de services à proposer mardi après-midi. À ce chapitre, Le Droit a démontré, il y a deux semaines, en recensent les engagements des élus indépendants et en les comparant à ceux d’Action Gatineau, que les possibilités de terrains d’entente au conseil peuvent être nombreuses. Réseau cyclable, aménagement de parcs ou encore vitesse dans les rues de quartiers, ce n’est pas le choix qui manque. En supposant que les sept élus d’Action Gatineau et les indépendants Gilles Carpentier et Nathalie Lemieux qui siègent au comité exécutif appuient tel que prévu la proposition budgétaire, il ne manque qu’un vote pour que le budget obtienne la majorité autour de la table du conseil.