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Les jeux vidéo ont connu une hausse de popularité en 2020. Mais il s’agit d’une activité qui n’est pas sans risques pour la santé mentale.
Les jeux vidéo ont connu une hausse de popularité en 2020. Mais il s’agit d’une activité qui n’est pas sans risques pour la santé mentale.

Un boom de popularité pour le eSport en 2020

Julien Coderre
Julien Coderre
Le Droit
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Si les sports professionnels ont été forcés de prendre une pause en 2020 à cause de la pandémie de COVID-19, les sports électroniques, eux, ont plutôt réussi à gagner en popularité.

Au plus fort de la pandémie, la Ligue nationale de hockey a organisé des matchs virtuels opposant ses propres joueurs, notamment Alex Ovechkin à Wayne Gretzky. La Formule 1 a diffusé des courses virtuelles mettant en vedette certains de ses pilotes ainsi que d’autres personnalités publiques connues. La NASCAR a emboîté le pas. Pendant quelques semaines, l’attention des sportifs et des amateurs de sport s’était tournée vers le sport virtuel et le sim racing.

« C’est incroyable comment le monde du sim racing a changé et évolué rapidement depuis la crise de COVID-19 », confiait au Droit Marc-André Séguin, directeur chez Apex V2R, un centre de sim racing et de coaching établi à Ottawa où l’ancien gardien des Sénateurs d’Ottawa Craig Anderson s’entraîne.

Le gardien Craig Anderson et Marc-André Séguin

Sur iRacing, par exemple, les cotes d’écoute ont bondi par milliers.

Pour une diffusion du mardi soir lors desquelles on allait chercher en moyenne 2000 spectateurs, on a réussi à surpasser le cap des 10 000, voire même des 15 000 internautes en une seule et unique diffusion.

La Fédération québécoise des sports électroniques confirme également avoir assisté à un développement considérable dans l’industrie des jeux vidéo au cours de la dernière année.

« Il y a eu définitivement un gros boom pour l’industrie, indique François Savard, membre de la Fédération. Les diffusions (streams) sur Twitch battent des records. »

Mais M. Savard fait tout de même preuve de prudence dans ses propos étant donné l’année particulière que la COVID-19 nous a servi.

« C’est un peu tôt pour voir comment les différentes ligues ont fait financièrement, mais on sait que la COVID a fait mal à plusieurs entreprises. Ce n’est certainement pas tout rose dans le milieu du esport non plus, note-t-il. Ça sera intéressant d’analyser ces données-là lorsqu’elles seront disponibles. »

Prévenir l'irréparable 

Alors que les communautés de gamers sont de plus en plus nombreuses, la Fondation des Gardiens virtuels, en collaboration avec l’Association québécoise de prévention du suicide, a par ailleurs décidé de rendre publique la deuxième version du guide « Contribuer à la prévention du suicide dans les communautés en ligne ».

« C’est vraiment un outil pour le monde, pour les éduquer et les sensibiliser d’une certaine façon à la prévention du suicide, explique François Savard, président de la Fondation. La première version était surtout axée sur le Québec, alors que celle-ci peut être plus facilement adaptée et utilisée internationalement. »

« Moi-même, quand je fais des interventions, il m’arrive de le sortir parce que c’est un très bon aide-mémoire », ajoute-t-il.

Il y a quelques mois, la Fondation des Gardiens virtuels a également mis en service un serveur Discord pour venir en aide aux gamers aux prises avec des démons intérieurs.

« On est vraiment une ressource de prévention, pas d’urgence. Si la vie de la personne est en danger, il faut composer le 9-1-1, nuance M. Savard. Ceci étant dit, on est là quand même pour offrir du soutien, du référencement et une certaine écoute. C’est ça le but d’une communauté d’entraide. »

Depuis le mois d’août, plus de 1000 interventions ont été menées par les bénévoles de la Fondation.

« Ce sont définitivement des chiffres qui m’alarment, laisse-t-il tomber. On va de consoler la personne qui vient de perdre son chat à celle qui est en détresse et qu’on doit coordonner avec des centres de prévention du suicide. On a droit aux deux extrêmes. »

« C’est important de ne pas faire le raccourci que la personne s’est suicidée parce qu’elle jouait à des jeux vidéo, poursuit M. Savard. Ce n’est pas ça. Le suicide est omniprésent dans toutes les strates de la société, donc de facto, il y en a aussi dans le gaming. »

En plus d’avoir des intervenants bénévoles sur leur serveur Discord, la Fondation des Gardiens virtuels compte aussi d’autres intervenants qui diffusent sur Twitch et qui assurent une certaine présence dans des groupes Facebook.

« On veut vraiment aller chercher le maximum de gens possible et offrir un service de haute qualité, affirme François Savard. Ce que je vise, c’est particulièrement la pérennité du projet. Il doit rester sur le long terme parce que chaque vie est importante et selon moi, les demandes vont continuer d’augmenter après la pandémie. »

« On n’aura jamais trop de ressources dans le milieu », conclut-il.

Vous ou vos proches avez besoin d’aide? N’hésitez pas à appeler au 1-866-APPELLE (277-3553).