Le professeur du Cégep de Sherbrooke Martin Aubé et quatre de ses étudiants procèderont au lancement d’un ballon stratosphérique afin de recueillir des données sur la pollution lumineuse et son impact sur la santé.

Un ballon stratosphérique pour étudier la pollution lumineuse

Le professeur du Cégep de Sherbrooke Martin Aubé et quatre de ses étudiants procèderont au lancement d’un ballon dans la stratosphère afin de recueillir des données sur la pollution lumineuse et son impact sur la santé. Le lancement aura lieu à Timmins, en Ontario, entre le 21 et le 26 août.

Le projet se déroule dans le cadre d’un programme de ballons stratosphériques piloté par les Agences spatiales canadienne et française (ASC) et (CNES).

Nommé HABLAN pour High Altitude Balloon Light at Night Experiment, il est développé en collaboration avec l’Université de Hongrie occidentale. Le ballon mesure 200 mètres de diamètre et il est muni de deux caméras numériques; il sera lancé à 36 km au-dessus du sol pour prendre différentes images de la lumière artificielle à partir du ciel.

L’expérience permettra notamment de se pencher sur deux paramètres, soient la couleur de la lumière et de voir comment la lumière s’échappe. « On veut tirer d’autres informations aussi, c’est encore du domaine de l’espérance », lance Martin Aubé.

Les prises photographiques permettront de récolter des données essentielles pour déterminer le niveau de lumière artificielle qui entre dans les habitations et éventuellement, pour évaluer son impact sur la santé des gens, notamment en ce qui concerne les cas de cancer de la prostate.

Les données du projet permettront d’alimenter les recherches du professeur Aubé. « En plus d’aller chercher des variables uniques, c’est une expérience unique, c’est inespéré; il y a plein de choses qui n’ont été étudiées que théoriquement. »

Le lancement aura lieu à Timmins puisque les sites de lancement du genre se font rares; l’emplacement a été choisi notamment pour des raisons de sécurité.

Le ballon pourrait être lancé quelque part entre le 21 et le 26 août, en fonction des conditions météorologiques.

Le projet fera l’objet d’une présentation au Cégep de Sherbrooke, lundi prochain, lors de la journée de la rentrée. M. Aubé et ses étudiants tiendront un kiosque, où les visiteurs pourront voir l’appareil qui sera lancé. Les étudiants auront la chance de mettre en pratique ce qu’ils ont appris en classe dans le cadre d’une expérience réelle.

« À travers cette expérience, j’arrive à mieux saisir la réalité et l’importance de certains concepts physiques. J’espère grandement que nos résultats permettront de faciliter la détermination des propriétés des lampadaires, qui sont la principale cause de la pollution lumineuse. Ce phénomène nous affecte particulièrement, nous les chercheurs, car il nous empêche d’observer pleinement le ciel étoilé, ce qui a pour conséquence de ralentir le progrès scientifique », commente Vincent Jordan, étudiant au Cégep de Sherbrooke participant au projet. Rappelons également que les impacts de la pollution lumineuse sur la santé humaine intéressent de plus en plus la communauté scientifique, qui s’intéresse à son incidence sur l’apparition de cancers hormonaux comme le cancer du sein et la prostate.

Il y a deux ans, M. Aubé et ses étudiants avaient également lancé un ballon stratosphérique afin de récolter des données scientifiques, mais les objectifs étaient différents.

Par ailleurs, les travaux qui doivent mener à la création d’une réserve de ciel étoilé en lien avec le projet de réserve naturelle du Mont-Bellevue, s’enclencheront la semaine prochaine, précise M. Aubé. La Tribune avait fait état de ce projet le printemps dernier, qui vise à redonner la Voie lactée aux citoyens en plein milieu urbain.